|
Avril
2008
Remise du prix de l'article de journal
le plus raciste de l'année
Un article qui compare les Indiens du Paraguay au
cancer et les décrit comme des gens "néolithiques,
attardés et crasseux" a été
désigné par Survival comme larticle le plus
raciste de l'année 2007. La remise de ce prix coïncide
avec la journée internationale pour lélimination
de la discrimination raciale, le 21 mars.
Cet article a été publié dans le journal paraguayen
La Nación. Il décrit également la culture
des Indiens comme "dégénérée"
et ajoute quils "doivent devenir civilisés".
Le journaliste lauréat a reçu un certificat portant
la citation du chef Sioux Lakota, Luther Standing Bear : "Toutes
ces années à traiter lIndien de sauvage nen
ont jamais fait un".
Voici une partie de cet article :
"Sur la plaza Uruguaya... un camp indigène néolithique
au centre de la ville est inconcevable et, néanmoins, il
est là, comme un cancer exhibé, répandant mauvaises
odeurs, destruction et pollution de l'environnement... Les indigènes
doivent consentir à vivre comme des personnes où être
envoyés dans la forêt."
"Si cela continue, un quelconque chef indien... s'installera
au Palacio de López (palais du gouvernement paraguayen) pour
le transformer en porcherie... Les indigènes doivent se civiliser,
se transformer en Paraguayens, en finir avec cette stupide préservation
d'une culture arriérée et défraîchie
et vivre comme des personnes payant leurs impôts ou, sinon,
être relégués dans la profondeur de la forêt
pour y continuer à vivre avec les animaux."
Brésil : Les Enawene Nawe obtiennent
le droit de pêcher
Un juge brésilien a estimé que les Indiens Enawene
Nawe avaient le droit de pratiquer la pêche sur le rio (fleuve)
Preto, leur plus importante source de poissons. Le juge reconnaît
que cette zone est "à la fois une région sacrée
et une source d'alimentation pour la communauté indigène
du territoire enawene nawe". Un représentant enawene
nawe a indiqué à Survival que toute la communauté
était satisfaite de la décision du juge et que la
région était désormais devenue paisible.

© Fiona Watson/Survival
Chaque année, les Enawene Nawe remontent le Rio Preto en
canoë pour y construire des barrages et des campements provisoires
où ils restent plusieurs mois à pêcher et fumer
le poisson. Cette activité fait partie du rituel annuel
"yankwa" au cours duquel de la nourriture est échangée
afin d'apaiser les esprits "yakairiti". "Tout
ce territoire appartient aux yakiriti nos esprits ancestraux.
Ils sont les maîtres des rivières, des poissons et
des arbres. Si vous les épuisez, les yakiriti se vengeront
et tueront tous les Enawene Nawe" explique un de leurs
représentants.
Les Enawene Nawe demandent au gouvernement brésilien de reconnaître
leurs droits de propriété sur cette région
particulièrement riche en poissons et en noix et fruits de
la forêt. Ces dix dernières années, les éleveurs
de bétail ont progressivement envahi et défriché
la région. Certains ont usé de violences et d'actes
d'intimidation telles que lincendie des camps de pêche
pour forcer les Indiens à quitter la zone.



Pérou : Une équipe de télévision
accusée d'avoir contaminé des Indiens isolés
Une équipe de télévision est accusée
d'avoir été à la rencontre de communautés
indiennes très isolées alors qu'il leur avait été
fortement déconseillé de le faire. Ils avaient été
prévenus que l'isolement des Indiens et leur manque d'immunité
face aux maladies occidentales bénignes risquait de mettre
leur vie en danger. Ces Indiens isolés ont rapporté
que cette rencontre avait provoqué une épidémie
de maladies respiratoires qui a tué quatre personnes et a
laissé plusieurs autres dans un état grave.
"Nous rejetons la responsabilité de l'introduction
de maladies respiratoires, puisque à notre arrivée
dans les campements que nous avons visités, il y avait
quatre personnes qui montraient des signes de maladie respiratoire"
disent les membres de l'équipe.
Lorganisation indienne locale, la FENAMAD, accuse les réalisateurs
de "menacer la vie des Indiens isolés" et
demande que cette chaîne de télévision ne
soit plus autorisée à pénétrer de nouveau
dans la région, car le permis n'a pas été respecté
et l'équipe de télévision est allée
en plein cur de la zone strictement protégée".
(Lire dans les archives
du journal le dossier de septembre 2005 sur les peuples non-contactés
et les maladies du contact, ainsi que l'article d'octobre 2007 sur
les satellites au-dessus de l'Amazonie).
Une langue indigène disparaît
toutes les deux semaines
A loccasion de la Journée internationale de la langue
maternelle, le 21 février, Survival International a rappelé
quen moyenne une langue indigène séteint
toutes les deux semaines.
Sur les 6 000 langues recensées dans le monde, 5 000 sont
indigènes et la plupart de celles qui sont menacées
dextinction sont des langues indigènes.
Les Indiens akuntsu, qui vivent dans le nord du Brésil, ont
été contactés pour la première
fois en 1995. Massacrés par les éleveurs dans les
années 1970 et 1980, leur groupe est aujourdhui réduit
à 6 individus. Personne dautre queux ne parle
leur langue qui disparaîtra vraisemblablement avec ses derniers
locuteurs.
Plus dune centaine de peuples vivent encore de manière
isolée dans le monde et leurs langues sont parmi les plus
menacées. Survival estime que nombre dentre eux risquent
de disparaître dici vingt ans.
A chaque fois quun peuple disparaît et que sa langue
meurt, ce sont un mode de vie et une manière de voir le monde
qui disparaissent à tout jamais. Une langue sans locuteurs
ne représente pas grand chose. Une langue nest
vivante que si son peuple est vivant et lavenir des peuples
qui demeurent aujourdhui encore isolés dépend
étroitement de la manière dont nous respecterons leur
droit à choisir leur propre mode de vie.
(Lire dans les archives
du journal le dossier de décembre 2005 sur les langues en
voie de disparition)
Les mots en gras sont expliqués
dans le lexique
|