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En Chine, les Miao, dont le nom signifie 'riz
cru', sont plus de 4 millions de personnes. Ils sont aussi présents
au Vietnam et au Laos où ils sont appelés Hmong.

Jupe étendue sur un fil à
linge dans un village miao du sud de la Chine
© Sophie Ganeau
Ces jupes sont un élément essentiel de la culture
miao, et on les trouve même chantées dans de longs
poèmes très anciens.
Ballade des terres perdues
Alors ils prirent en compte les rizières,
les grandes rizières étales,
et conçurent des jupes de coton
pour que les jeunes filles et les jeunes femmes
les nouent à leur taille.
Elles les portaient de manière à ce
que tous les vieux puissent les voir,
elles les portaient de manière à ce
que tous
les enfants puissent les voir,
que les jupes de coton des jeunes filles et des jeunes femmes
ressemblaient à la plaine du Yi-bang,
aux rizières, aux grandes rizières étales du
Ndu-na-yi-mo, et
que les galons ornant les jupes
des jeunes filles et des jeunes femmes
étaient les flots qui irriguaient les rizières.
On dit que l'idée du plissé est venue
à une femme en regardant les lamelles du dessous des champignons.
Plus le pli est fin, plus la jupe a de valeur.
Les parties à fond bleu sont teintes à
l'indigo selon la technique des 'réserves' à la cire
perdue. On dessine avec un bâtonnet enduit de cire les motifs
que l'on veut garder blancs, puis on laisse la bande de coton macérer
dans un bain de teinture. On la met à sécher, et enfin
on fait fondre la cire qui couvre les réserves en chauffant
le tissu de manière à faire apparaître les motifs
blancs.
Les parties colorées sont brodées à
la main au point de croix. Sur certaines jupes, on coud au petit
point des galons et des morceaux d'étoffe variées
pour composer des motifs en patchwork.
Pour les plisser, on coud les plis bien serrés et on les
fixe avec de l'eau de riz qui a pour effet de les raidir.

Jeunes-filles miao partant au marché
© Sophie Ganeau
Les jeunes filles portent des jupes courtes au genou
et s'entourent les jambes de bandes molletières tenues par
des liens de couleur. Dans certaines communautés miao, les
femmes mariées rallongent leurs jupes en cousant un bande
supplémentaire en-bas.

Motifs à l'indigo sur bande
de coton avant le plissage
© Sophie Ganeau
Au Musée du quai Branly, à Paris, on
peut admirer des jupes 1000 plis, mais aussi des costumes entiers,
des porte-bébés, des sacs ainsi que de magnifiques
bijoux hmong et miao en argent dont beaucoup sont des variations
autour du motif de la spirale plate.
Les mots en gras sont expliqués
dans le lexique
D'après De fil et d'argent,
mémoire des Miao de Chine, catalogue de l'exposition
du même nom au Musée des Arts asiatiques de Nice, novembre
2004-mai 2005.
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