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© Catherine Reisser, Laurence Quentin.
(In Sur les bords de l'Amazone, coll. Baluchon, Ed. Nathan
2003)
Les célèbres têtes réduites, ou tsantsa,
des Indiens jivaro d'Amazonie sont maintenant considérées
comme des uvres d'art et sont recherchées par les collectionneurs
ou exposées dans les musées. Mais à l'origine,
les Jivaro réduisaient les têtes des hommes, mais aussi
des femmes et des enfants capturés pour une tout autre raison.
On suppose que les têtes réduites accompagnaient des
rites qui devaient garantir au guerrier une protection contre
la mort et une force, un pouvoir et un prestige plus grands.
Ces redoutables guerriers décapitaient l'ennemi tué
et emportaient la tête dans leur village. Pour la réduire,
on commençait par faire une longue entaille sur toute la
hauteur du crâne à l'arrière afin d'en retirer
tous les os, les cartilages et certains muscles. Le reste était
ensuite bouilli pour être débarrassé de sa graisse
et rétréci puis on recousait l'entaille. On fermait
les paupières par l'intérieur et la bouche par l'extérieur
avec trois batônnets en travers des lèvres. On remplissait
la tête de sable brûlant par l'ouverture du cou. L'eau
s'évaporait et la peau durcissait. On bourrait ensuite la
tête de coton en la modelant pour lui donner sa forme, puis
on la frottait avec du charbon de bois pour la lisser et enlever
les peintures faciales et tous les poils du visage.
On gardait soigneusement les cheveux et les sourcils et l'on coiffait
la tête devenue tsantsa en la parant de plumes, de
perles et de graines. Les vainqueurs la portaient sur le torse,
acccrochée autour du cou par des bandes de coton tressé.
Après les rituels, on donnait la tsantsa aux enfants
pour qu'ils jouent à la balle avec, et la jettent dans la
rivière.
Pour en savoir plus, tu peux lire le reportage sur
les Jivaro
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique
Tu trouveras des livres sur les indiens d'Amazonie
dans la médiathèque
Article rédigé à partir de
Sur les rives de l'Amazone de Catherine Reisser et Laurence
Quentin. Coll. baluchons, Ed. Nathan 2003, et de la revue Tribal,
automne 2003.
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