|
Dans la langue ajie des Kanak de Nouvelle-Calédonie,
cet objet sappelle Gi O kono, casse-tête vert.
La lame ronde, fine et bien tranchante est en serpentine, appelée
aussi jade, une pierre verte taillée puis polie au sable
fin. Le manche est en bois et les liens tressés en fibre
de coco et poils de roussette. Des coquillages décorent le
manche et dans la demi-noix de coco qui constitue son socle on a
aussi enfermé des coquillages avec des cailloux et des noix
; ils émettent des sons de grelot quand la hache est agitée
au rythme de la parole du chef.

©Musée des Confluences.
Lyon. Inv. 60006908. Patrick Ageneau
Cette hache est un objet rituel et non un outil ou une arme.
Les chefs la brandissaient pour rythmer leurs discours lors des
fêtes. Cest un symbole de la puissance du clan
qui pouvait aussi être offert en cadeau ou échangé
avec un autre clan dune île voisine, même ennemi.
On la conservait dans "la maison des trésors" avec
toutes les richesses du clan.
On dit aussi que les magiciens faiseurs de pluie frappaient le soleil
et leau avec cette lame. Vers 1774, quand James Cook explora
cette région, on prétendait quelle aurait servi
à dépecer des corps humains. Mais cette explication
paraît invraisemblable car les liens entre le manche et la
lame ne sont pas assez résistants pour une telle opération.
A la fin du XIXe siècle, les Kanak ont vendu aux Européens
beaucoup de leurs objets rituels comme cette hache. En 1990, lexposition
"De jade et de nacre" a réuni pour la première
fois à Nouméa en Nouvelle-Calédonie des objets
kanak traditionnels prêtés par des musées
européens et revenus pour loccasion sur leur terre
dorigine.
Pour mieux connaître les Kanak, tu peux lire
notre reportage dans la rubrique Qui ?
et dans les archives du journal
l'article de mai 2008 : "20 ans d'histoire kanak"
ainsi que la page "musée vivant" sur le centre
J.M. Tjibaou à Nouméa. Tu trouveras des livres
sur les Kanak dans la médiathèque
du site.
Les mots en gras sont expliqués
dans le lexique
|