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Les îles Andaman et Nicobar se trouvent dans l'océan
Indien, au Sud-Est de l'Inde. Le 26 décembre dernier, elles
ont été très gravement touchées par
le tsunami, car situées très près de lépicentre
du séisme. Survival a pu recevoir régulièrement
des nouvelles des peuples qui y vivent.
Ce dossier comprend 4 parties :
-les peuples indigènes des îles Andaman et Nicobar
-les Jarawa
-le tsunami du 26 décembre 2004
-des petites anecdotes

Enfant jarawa
Les peuples indigènes des îles Andaman et Nicobar
La population y est très diversifiée, et les plus
nombreux sont les Indiens venus du continent s'installer dans les
îles depuis moins d'un siècle. Mais avant eux, plusieurs
peuples indigènes y vivaient depuis des milliers d'années.
La plupart de ces peuples ne comptent plus que quelques dizaines
de personnes.
Les Grands Andamanais, sont regroupés dans un campement
de l'Etat indien. Ils étaient cent fois plus nombreux il
y a 50 ans et ont particulièrement souffert du contact
avec le monde extérieur.
Les Onge, au nombre de 100, victimes du braconnage et de
l'abattage de leur forêt, continuent à vivre sur leur
ïle de Petite Andaman.
Les Jarawa, dont nous parlons ci-dessous, sont 250.
Les Sentinele, entre 50 et 250 personnes, vivent encore très
isolés sur leur île et ne veulent aucun contact avec
le reste du monde.
Les Shompen, au nombre de 380, vivent eux aussi loin du monde
extérieur sur l'île de Grand Nicobar.
Les Nicobarais étaient environ 30 000 avant le tsunami.
Ce sont des sédentaires cultivateurs vivant dans 12 villages
sur l'île de Car Nicobar. Ils sont davantage en contact
avec le monde extérieur et beaucoup d'entre eux ont été
convertis au christianisme.
     
Les Jarawa
Pendant 60 000 ans, les Jarawa ont vécu isolés dans
la forêt tropicale, près des côtes occidentales
des îles de Sud et Moyen Andaman. On pense qu'ils sont les
descendants des premiers hommes qui ont quitté l'Afrique,
et leurs plus proches parents seraient les Bushmen du désert
du Kalahari, au sud de l'Afrique. (voir l'article 1)
Ils ont la peau noire et peignent leur corps d'un mélange
d'eau et de jus de citron. Ils vivent en groupes semi-nomades
de 40 à 50 personnes. Les hommes chassent le cochon sauvage
et le varan, pêchent à l'arc, pendant que les femmes
ramassent des racines, des graines et des fruits. Après la
chasse et la pêche, les hommes grimpent dans les arbres pour
récolter du miel sauvage.
Aujourd'hui, ils ne sont plus que 250, gouvernés par l'Inde
qui ne leur laisse qu'une petite zone de forêt pour vivre.
Une route a été tracée à travers la
réserve, ce qui facilite l'entrée des braconniers,
des bûcherons et des touristes. Leur environnement en souffre,
et ils se méfient des étrangers, les accueillant parfois
avec des tirs de flèches. Alors, on peut lire le long de
la route des pancartes prévenant les visiteurs :'attention
aux Jarawa', 'ne donnez aucune nourriture aux Jarawa'. Est-ce qu'on
ne se croirait pas dans un zoo?
Les Jarawa sont aussi victimes de maladies apportées par
les Blancs, comme la rougeole qu'ils ne connaissaient pas avant
le contact et dont ils meurent. S'ils ont la réputation d'être
agressifs, c'est parce qu'ils sont méfiants face aux dangers
venus du monde extérieur.
Survival les aide à se défendre contre le gouvernement
de l'Inde qui voulait les déplacer de force dans des 'centres
de conservation'. Ils ont finalement gagné le droit de rester
chez eux et bénéficié de l'interdiction à
quiconque de venir braconner ou dabattre les arbres de leur
forêt. En décembre dernier, le gouvernement a même
décidé d'agrandir leur réserve d'une zone de
180 km2, riche en sources d'eau et en côtes poissonneuses.

Pêcheurs jarawa (©Salome/Survival)
Le tsunami du 26 décembre 2004
Les îles Andaman sont découpées et élevées.
Les ports sont protégés au fond de criques et ici
le tsunami na pas provoqué de mur d'eau, mais une simple
élévation du niveau de la mer.
Les îles Nicobar ne se dressent pas hors de l'eau comme leurs
voisines. Elles sont plutôt plates et la vague y a été
dévastatrice. Les Nicobarais ont fui vers l'intérieur,
et ont attendu quatre jours les premiers secours. Leurs villages
côtiers ont été rasés et les victimes
ont été nombreuses.
Les habitants de ces îles se sentent abandonnés, oubliés
dans leurs îles lointaines après avoir été
durement frappés par le tsunami, coupés du reste du
monde, et ils se demandent s'ils auront droit à une aide
quelconque. Ils sont des milliers hébergés dans des
camps, et l'on compte beaucoup de morts et de disparus.
Dans la capitale, Port Blair, des camps de réfugiés
ont été installés par des associations, et
des commerçants y assurent le ravitaillement. Des militaires
n'ont pas hésité à voler en hélicoptère
au secours des rescapés. Mais que fait l'Etat indien pour
eux?
Quant aux peuples indigènes vivant isolés dans les
forêts de ces îles, il semble qu'ils n'aient pas eu
de victimes. Ils ont une connaissance de la mer que la civilisation
moderne a perdue, ils ont senti venir la catastrophe et ont couru
se réfugier vers l'intérieur, vivant plusieurs jours
de bananes et de noix de coco fournies par la nature. Les Sentinele
ont accueilli l'hélicoptère par des tirs de flèches,
signe qu'ils allaient plutôt bien.
     
Petites anecdotes
Un
bébé né le 26 décembre 2004 sur une
île des Andaman a été baptisé Tsunami
Roy. Sa maman a accouché sur un lit de feuilles en attendant
le bateau militaire pour aller à l'hôpital.
A
Hut Bay, dans les Andaman, les crocodiles chassés de leurs
criques habituelles, errent à la recherche de nourriture,
et menacent les rescapés.
Les
éléphants se sont mis à pleurer quelques minutes
avant l'arrivée de la catastrophe, et ceux qui n'étaient
pas occupés à transporter des touristes ont brisé
leurs chaînes pour s'enfuir vers l'intérieur, jusqu'à
l'endroit où la vague allait s'arrêter un peu plus
tard, preuve qu'ils écoutent mieux la nature que nous. Ils
ont dû percevoir des infrasons émis par le tremblement
de terre grâce à la sensibilité de leurs pattes.
Comme ils sont capables de communiquer entre eux à vingt
kilomètres en frappant le sol, ils se sont envoyé
des signaux d'alerte.
Les éléphants sont aussi les meilleurs bulldozers
pour déblayer les ruines car ils sont souples et se faufilent
dans les décombres.
10
jours après le tsunami, un garçon de 12 ans a été
retrouvé vivant, perché dans un arbre sur l'île
de Car Nicobar. Il s'était nourri de noix de coco en attendant
les secours.
Dossier réalisé à partir des informations
collectées sur place par Survival, et d'extraits d'articles
de Libération, Le Monde, Courrier International et Mon
Quotidien de janvier et février 2005.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique
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