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Les peuples indigènes ont aussi leurs recettes gastronomiques,
souvent vieilles de plusieurs siècles, et qui pourraient
bien donner des idées à nos cuisiniers. Elles ont
l'avantage d'utiliser des produits naturels, sans OGM ni hormones.
Mais il faut en général y passer plus de temps que
simplement mettre une pizza à décongeler au micro-ondes.
           
L'omelette d'autruche des Bushmen
Pour 6 personnes :
- Trouver un uf d'autruche dans le sable et le rapporter
au village
- Faire un trou rond dans la coquille et vider l'uf dans une
carcasse de tortue
- Bien battre avec une baguette fourchue jusqu'à faire mousser
- Verser directement dans un creux bien aménagé dans
la terre et préchauffé par deux petits feux de branches
allumés de chaque côté du creux
- Laisser cuire quelques minutes sur la terre chaude
- Déguster accompagnée de quelques fines lamelles
de viande de girafe séchée.

Enfants bushmen © Mark HŒkansson/Survival
Les Bushmen conservent les coquilles d'uf d'autruche. Ils
en font des gourdes pour conserver l'eau au frais dans la terre,
et quand elles sont brisées, les femmes les taillent en petits
boutons de différentes formes qu'elles cousent sur leurs
sacs, ceintures et jupes de cuir souple.
Tu peux en savoir plus sur les Bushmen en allant à la page
'Qui ?', en visitant la photothèque et en lisant les 'Nouvelles
de Survival' dans les archives du journal.
           
La bouillie de palmier des Punan
Pour un repas de famille :
- Abattre un palmier sagoutier à la machette, après
lui avoir adressé une petite prière pour lui demander
pardon, comme on le fait toujours pour tout arbre que l'on va abattre
- Fendre le tronc pour extraire la chair fibreuse du centre
- Râper jusqu'à obtenir une fine sciure
- Tamiser sur un plateau de bambou tapissé de feuilles
- Arroser d'eau et fouler la pâte avec les pieds pour en faire
une bouillie
- Cuire dans une poêle sur un feu de bois
- Prélever de petites bouchées de cette bouillie avec
des baguettes à trois branches, comme avec une fourchette
dans un poêlon à fondue.

Enfant punan © Robin Hanbury-Tenison/Survival
Les Punan, peuple nomade de l'île de Bornéo, se nourrissent
de cette bouillie et du gibier qu'ils chassent. Quand un massif
de sagoutiers a été abattu, ils migrent à la
recherche d'un nouveau bosquet. Ils conservent et transportent la
farine de sagou dans de gros bambous creux.
Tu peux en savoir plus sur les Punan en allant à la page
'Qui ?'
           
La spiruline des Aztèques et des Kanembou
- Repérer un étang ou un bassin dans un pays chaud
d'Afrique ou d'Amérique latine
- Laisser pousser naturellement à la surface les minuscules
algues
- Récolter tous les trois jours avec un tamis
- Etaler pour faire sécher au soleil avant de réduire
en poudre.
- Mettre une demie cuillère à café dans le
biberon du matin des bébés sous-alimentés.
Au Mexique, les Aztèques l'appelaient techuitlatl,
et la mangeaient avec le maïs. Au Tchad, depuis des siècles
les femmes kanembou la font sécher sur le sable avant d'en
faire des galettes. Au nord du Chili, on la cultive dans les étendues
d'eau salée du désert d'Atacama.
De nos jours, cette micro-algue est devenue un complément
alimentaire plein d'avenir pour les jeunes enfants sous-alimentés.
Elle est très riche en protéines, acides gras, fer,
potassium, calcium et vitamines. Avec cet apport, un enfant qui
a souffert de famine ou de malnutrition peut retrouver son poids
normal en deux mois.
Il s'agit en fait d'une cyanobactérie ressemblant à
un fil enroulé en spirale, d'où son nom.
           
Le pemmican des Cree
Pour une ration de survie d'une semaine :
- Mélanger de fines lamelles de viande séchée
et fumée et piler jusqu'à obtenir une poudre
- Faire mariner dans de l'eau des pommes sauvages bien mûres
- Récupérer le jus et y faire bouillir des os à
moelle broyés
- Laisser refroidir jusqu'à ce que la graisse soit figée
- La recueillir et la mélanger à la poudre de viande
séchée
- Bourrer une panse de bison et bien colmater la fermeture avec
de la graisse
- Laisser durcir le tout
- Bien tasser dans un sac en boyau de caribou ou de bison
Les Indiens cree du Canada et des Etats-Unis qui partaient à
la chasse pour plusieurs jours, emportaient un sac de pemmican.
Pour affronter les grands espaces et les rigueurs du climat, une
grosse poignée constitue une ration de survie pour la journée.
           
La cassave des Indiens d'Amazonie
- Arracher des tubercules de manioc dans le jardin et les rapporter
dans sa hotte au village
- Eplucher soigneusement les tubercules et râper la chair
pour obtenir une pâte
- Mettre cette pâte dans une couleuvre (long tuyau en vannerie)
et presser fortement jusqu'à ce que tout le jus toxique soit
extrait
- Chauffer une grande plaque de métal d'environ un mètre
de diamètre sur un feu de bois
- Etaler la pâte et faire cuire
- Déguster chaudes les plus épaisses, comme des pancakes
- Mettre les plus fines à sécher au soleil sur le
bord du toit de la maison pour les déguster craquantes plus
tard.

Tubercule et plant de manioc
La cassave est l'aliment essentiel de nombreux peuples de la forêt
amazonienne, comme le pain chez nous. Avec le manioc, on fait aussi
de la bière, de la farine et de la sauce piquante :
Bien cuire le jus récolté sous la couleuvre pour qu'il
ne soit plus toxique
Ajouter des petits piments rouges et de grosses fourmis noires qui
donnent un parfum poivré
Déguster avec de la viande, comme de la moutarde.
Tu peux en savoir plus sur les Indiens wayana, friands de cassaves,
en allant à la page 'Qui ?'
           
Le gratin de papaye des Indiens de Guyane
Pour 4 enfants :
- Choisir une papaye verte d'un kilo, l'éplucher et enlever
les nombreux pépins
- Couper en morceaux
- Faire cuire 30 minutes dans un casserole en écrasant les
morceaux
- Ajouter deux oignons en fines lamelles, deux gousses d'ail pilées
et du fromage râpé
- Mettre dans un plat à gratin huilé et couvrir de
fromage et de chapelure
- Faire gratiner pendant 45 minutes à four chaud.
La papaye mûre est orange et sucrée, et se déguste
en fruit. Le papayer est originaire du Mexique et s'est répandu
dans toute l'Amérique tropicale. Pour les Indiens, c'est
un symbole de fertilité et l'on dit que ce fruit a la forme
d'un sein plein de lait. Les feuilles, les graines et les fleurs
sont utilisées en médecine, en particulier pour faire
fondre la graisse et la cellulite.
          
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique
Dossier réalisé à partir de Géo d'avril
1987 et novembre 1980, Libération du 8 janvier 2005;
Le Monde du 5 mars 2006; Le dictionnaire des Indiens
de M. Piquemal, éd. La Martinière; Wayana, les
Indiens du fleuve, éd. Gallimard; Oka. Mag n°
24; Kaïma et la loi de la jungle de D. Lichy, éd.
Hatier.
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