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On pense qu'il doit y avoir de nos jours environ 70 peuples
isolés ou non contactés dans le monde, dont une cinquantaine
au Brésil. Ces peuples ne représentent parfois que
quelques dizaines de personnes, mais certains sont plus nombreux,
comme les Awa ou les Korubo, qui seraient entre 100 et 200.

jeune Awa
Que signifie, au XXIe siècle, être non contacté
ou isolé?
Il s'agit de groupes qui ont choisi de vivre sans aucun contact
avec le reste du monde et se sont repliés dans des régions
difficiles d'accès pour échapper aux maladies venues
de l'extérieur, aux armes des Blancs, aux chasseurs d'esclaves,
aux missionnaires qui voulaient les convertir, à tous ceux
qui cherchent à exploiter les richesses naturelles comme
le bois ou l'or. Ils sont évidemment très méfiants,
et peuvent se montrer agressifs envers ceux qui cherchent à
les contacter. Mais c'est plutôt les Blancs qui pénètrent
sur les terres où ils vivent qui se montrent agressifs.
Beaucoup ont dû changer de mode de vie : ils étaient
des cultivateurs sédentaires et ont été forcés
de devenir des nomades en fuyant devant l'avancée des Blancs,
vivant désormais de chasse et de cueillette sur les terres
où ils se sont réfugiés, qui sont souvent moins
fertiles et plus difficiles à atteindre.
     
Les Awa
On estime qu'ils sont une centaine non contactés vivant en
Amazonie brésilienne. On entend parfois dire qu'ils sortent
de la forêt à la recherche de nourriture. En effet,
les zones où ils vivent sont de plus en plus dévastées
et menacées par le développement des mines, des barrages,
des routes, des pâturages pour le bétail et des industries
dans l'est de l'Amazonie. Ils sont donc contraints de se déplacer
en petits groupes pour survivre, emportant avec eux les braises
pour conserver le feu. On a même retrouvé un Indien
awa qui avait survécu seul en forêt pendant 12 ans
après une attaque de son groupe par des éleveurs.
     
L'histoire de Karapiru
'Ils ont tué ma mère, mes frères, mes surs
et ma femme. J'ai survécu en m'arrangeant pour échapper
aux éleveurs. J'ai marché longtemps, longtemps...
J'avais toujours très faim, je mangeais de petits oiseaux,
du miel, puis j'ai commencé à voler des animaux aux
Blancs, et j'ai trouvé une machette, c'était une arme.
J'avais reçu une balle lors du massacre, j'ai beaucoup souffert,
je saignais, j'errais avec le plomb dans le dos. Je courais, toujours
tout seul, je me suis enfoncé de plus en plus dans la forêt,
je ne peux pas vous dire jusqu'où je suis allé, affamé
et pourchassé par les éleveurs'.
En 1992, après ses 12 années de vie solitaire, il
a pu rejoindre son frère qui avait été contacté
par la FUNAI. Il vit maintenant avec sa nouvelle femme et
leur fille. 'J'espère que ce qui m'est arrivé ne
lui arrivera pas. J'espère que pour elle ce ne sera pas comme
de mon temps'.
     
Premier contact
Le contact est le premier danger pour un groupe isolé. Souvent
on a vu la moitié de la population mourir des 'maladies du
contact' après une rencontre avec des gens de l'extérieur.
Le paludisme et la grippe sont les plus courantes, et les guérisseurs
du groupe n'ont pas de remèdes contre ces affections nouvelles
pour eux. Les malades n'ont plus la force de se déplacer,
de chasser ou de pêcher et meurent sur place. Les survivants
sont terriblement traumatisés, souvent ils cessent de faire
des enfants et d'accomplir leurs rites.
Bina, Indien moitié korubo, moitié matis, raconte
: 'La première chose dont je me souviens, est l'avion qui
survola notre village. Il largua des machettes, des haches et des
couvertures. Nous fabriquions alors du poison de chasse. Puis d'autres
sont venus par le sentier. Ils ont suspendu dans les arbres des
couteaux et des casseroles. puis nous sommes allés vers le
camp des Blancs. J'ai essayé de parler avec eux, mais ils
ne comprenaient pas. Nous avons attrapé des maladies dans
leur camp, et tout le monde s'est sauvé en forêt. Beaucoup
d'entre nous sont morts de pneumonie et nous n'avons plus de chamane'.
     
Dans la peau d'un Papou
A l'extrème est de l'Indonésie, la Papouasie est
la moitié ouest de l'île de la Nouvelle Guinée
habitée par 250 tribus papoues. Dans les atlas, elle
s'appelle encore 'Irian Jaya', mais les Papous n'acceptent
pas d'être devenus indonésiens depuis 1969 et demandent
l' indépendance de leur région. Certaines de ces tribus
n'ont jamais été contactées car elles vivent
dans des montagnes très isolées, prises dans les nuages,
couvertes d'épaisse forêt, où règne un
climat humide et froid. En 1940, les 7/10e de la Nouvelle Guinée
étaient encore inexplorés.
     
Un petit groupe d'Indiens non contactés de la région
du Rio Pardo au Brésil est menacé de génocide.
D'autres Indiens, des Arara qui vivent dans la même région,
disent qu'ils les ont entendus la nuit. On a retrouvé des
maisons abandonnées, ce qui fait penser qu'ils sont en fuite
pour échapper aux forestiers qui pénètrent
sur leur territoire avec des bulldozers pour exploiter le bois.
Toi aussi, tu peux aider les Indiens du Rio Pardo au Brésil
à défendre leurs droits en écrivant une
lettre.
Dossier réalisé à partir des informations collectées
et publiées par Survival
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique
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