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Défendre
la biodiversité et les peuples indigènes en même
temps ?
Aujourdhui, de vastes territoires où
la nature est restée à létat 'sauvage
' sont consacrés à la protection de la faune et de
la flore : ce sont les réserves et les parcs naturels.
Cependant, les peuples indigènes qui vivent sur ces territoires
depuis des millénaires ne peuvent pas toujours sen
réjouir : en général, ils sont contraints de
quitter leurs terres ancestrales ou de bouleverser leur mode de
vie, comme si la protection de la nature et les peuples indigènes
ne pouvaient pas faire bon ménage.
La survie des peuples indigènes dépend
du respect de la biodiversité, aujourdhui menacée,
non seulement par les désordres écologiques, mais
aussi par les défenseurs de la nature eux-mêmes.

Femme mursi en Ethiopie : avec le développement
du tourisme dans les parcs, les femmes 'à plateau' sont devenues
une attraction.
© Edward
Mendell/Survival
Les chamanes de Sibérie nous rappellent combien leurs
chasseurs étaient soucieux de préserver la faune. Chaque
année, une cérémonie religieuse permettait de
négocier avec la nature la quantité de gibier qui serait
chassée, afin de préserver un juste équilibre.
Et de nos jours, on voudrait interdire la chasse au nom de la protection
de la faune.
      
De nouveaux sites protégés
LOrganisation des Nations-Unies envisage de créer un
nouveau type de sites mondialement reconnus, les 'terres sacrées'.
Le plus souvent protégées par des traditions religieuses,
elles sont aussi des habitats privilégiés pour la
faune. Nombre de ces sites sont dits 'indigènes'.
Au Kenya, par exemple, c'est grâce aux cavernes dans lesquelles
la tribu des Taïta conservait les crânes des ancêtres
que l'on pourra préserver la dernière grande forêt
tropicale du pays et ses 350 espèces doiseaux. Cette
forêt, aujourdhui menacée par lexploitation
du bois et du charbon, devrait profiter de son classement en 'site
sacré'. Mais cela protègera-t-il aussi les Taïta
?
En 2004, une femme kenyane, Wangari Maathai, a reçu
le prix Nobel de la Paix. La paix sur la terre dépend
de notre capacité à protéger notre environnement
vivant avait-elle déclaré. Elle se
bat depuis 30 ans dans son pays contre la déforestation :
Le gouvernement cherche en fait à détruire
les forêts pour détruire mon peuple puisque cest
dans les forêts que les Kikuyu son peuple -
trouvent leur spiritualité . Espérons qu'en
protégeant les lieux de culte, ces sites 'sacrés'
permettront aussi de protéger les peuples eux-mêmes.
        
'Réfugiés' hors des parcs
naturels
Mais hélas, on sait que protéger la flore et la faune
en créant des réserves ou des parcs naturels conduit
souvent à chasser les peuples indigènes qui vivaient
sur ces territoires quand les gouvernements ne leur reconnaissent
pas le droit ancestral d'y vivre, c'est-à-dire d'y chasser,
d'y faire paître leur bétail ou d'y défricher
pour cultiver.
En Afrique centrale, les Pygmées ont vécu des
milliers dannées en paix avec les gorilles sur un même
territoire. Celui-ci a été transformé en réserve
devant la menace de lexploitation forestière et minière,
puis en parc national. Les Pygmées ont alors été
expulsés de leur territoire, comme sils représentaient
une menace pour les gorilles (chassés en fait par des braconniers
extérieurs à leur territoire). Ils se sont retrouvés
déplacés de force, comme les 'réfugiés'
d'une guerre.
De la même manière, les Maasaï ont perdu
une grande part de leurs pâturages quand ont été
créés les parcs naturels en Afrique de lEst.
Les Indiens du Chiapas au Mexique ont été déplacés
de leur forêt tropicale et contraints de vivre demplois
au service du tourisme comme gardes forestiers, serveurs ou guides.
Quant aux Karen, qui habitent les montagnes de la Thaïlande
où le gouvernement de ce pays a créé des parcs
nationaux, ils se voient interdire de chasser, de cultiver des légumes
en pratiquant lagriculture sur brûlis sur leurs propres
terres. Cest tout leur mode de vie qui sen trouve transformé
: ils deviennent dépendants du commerce pour pouvoir se nourrir.
C'est la même situation que celle des Mentawaï
en Asie (Voir la page Qui ?)
       
Cependant, il est aussi possible de créer des zones de protection
en collaboration avec les peuples indigènes qui vivent sur
ces territoires, comme cela se fait maintenant en Australie ou au
Canada. Mais encore faut-il accorder une assez large place au respect
des demandes de ces peuples et ne pas privilégier les intérêts
du tourisme au détriment de leurs intérêts.
Le Parc de Guyane
Le problème est posé pour le Parc national de Guyane,
8ème parc français, créé en février
2007. Ce parc a pour objectif de protéger la faune, la flore
et les peuples indigènes qui y habitent dans le maintien
de leur culture et de leur mode de vie. Il aurait donc dû
contenter tout le monde. Cependant il est dénoncé
comme une menace par les Indiens wayana en raison de l'orpaillage
qui va être autorisé sur une partie de leurs terres
avec des conséquences dramatiques sur leur environnement.

Enfants amérindiens du Haut Maroni en Guyane
© Stéphanie
Guyon / Survival
Les communautés amérindiennes inclues dans le territoire
du parc sont inquiètes, car la nouvelle règlementation
du parc rendra accessibles aux touristes leurs villages jusquici
protégés. Les Amérindiens risquent de devenir
les représentants vivants dune culture en train de
disparaître.
A trop vouloir protéger, on risque de détruire, ce
qui est le contraire du but recherché.
Les mots en gras de l'article
sont expliqués dans le lexique
Dossier réalisé à partir
de la documentation de Survival, de Wikipédia et de nombreux
articles parus dans divers magazines et quotidiens.
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