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L'Amazonie brésilienne
LAmazonie est une vaste région couverte de forêts,
grande comme 14 fois la France. Elle est traversée par le
fleuve Amazone, le deuxième du monde après le Nil.
Elle s'étend sur plusieurs pays, dont le Brésil.
Environ 220 peuples indigènes vivent en Amazonie brésilienne,
ce qui représente près de 400 000 personnes qui parlent
140 langues différentes. Les Indiens (ou Amérindiens)
étaient probablement 5 millions avant l'arrivée des
Européens et ont été victimes des massacres,
des maladies et de l'esclavage pendant cinq siècles. Certains
se sont enfoncés dans la forêt, loin du fleuve, pour
échapper à ces malheurs.
La FUNAI est un organisme qui a été créé
pour les protéger des dangers extérieurs et les aider
à défendre leurs terres. 1/6 de la forêt a déjà
été réduite en fumée. On peut même
acheter sur Internet des morceaux de forêt amazonienne à
0,33 euros l'hectare !
Le président du Brésil, élu en 2003, Ignacio
Lula da Silva, a déja rendu plusieurs territoires aux Indiens,
mais il est très difficile d'en faire partir les colons qui
y sont installés depuis longtemps, surtout dans une région
éloignée de tout, difficile à surveiller.
Famille yanomami, Brésil
© 1980 Victor Englebert/Survival
Des Indiens dans la ville
Le 30 mai 2005, un groupe d'Indiens kayapo est venu nous
rendre visite dans nos bureaux à Survival. Ils étaient
invités en France à l'occasion de l'année du
Brésil (voir au bas de cette page).
Ils étaient six hommes, et deux femmes un peu frigorifiées.
Il y avait un chamane, un cinéaste, un professeur,
un étudiant, un guerrier et un chef. Tous les hommes, sauf
le chamane, savaient parler portugais (la langue officielle du Brésil).
Pour les Indiens, protéger la forêt, c'est préserver
une pharmacie précieuse : les Kayapo connaissent beaucoup
de plantes médicinales : Sucupira, Copaiba, Urucum et contre-poisons...
Les Kayapo pensent qu'un remède contre le SIDA se trouverait
dans la grande forêt amazonienne. Ils souhaitent développer
un projet de laboratoire botanique où les Indiens, les chercheurs,
le gouvernement et les Universités travaillent ensemble.
Il faut commencer par protéger le savoir des chamanes en
signant un contrat qui reconnaisse qu'ils sont propriétaires
de la connaissance qu'ils ont des plantes. C'est important pour
lutter contre la biopiraterie, c'est-à-dire le vol de ces
richesses et de ces savoirs.
Nous leur avons donné des conseils sur la manière
de s'organiser. Il est très important que toutes les communautés
kayapo soient unies pour demander ensemble au gouvernement du Brésil
de les aider. Nous leur avons donné l'exemple des Indiens
Yanomami qui ont obtenu depuis déjà plusieurs
années de l'argent pour des écoles et des centres
médicaux grâce à leur chef Davi qui a su rassembler
tout son peuple autour de lui. (voir l'article 1 de mars 2005 dans
les archives).
On leur a aussi donné l'exemple des Satéré
Mawé qui produisent et vendent le guarana (voir l'article
suivant).
Ils sont repartis au Brésil avec l'intention dorganiser
des rencontres entre chefs des différentes communautés
kayapo pour réfléchir ensemble à des projets
qui leur apportent à tous une vie meilleure.
     
Une boisson sacrée et secrète
Pour les Indiens Satéré Mawé, le
guarana est une plante sacrée dont ils font une boisson traditionnellement
offerte à l'occasion des fêtes entre villages. C'est
un aliment qui apporte sagesse et sécurité. La légende
raconte que le fruit mûr du guarana ressemble à l'il
du nouveau-né qui fut le premier Satéré, leur
ancêtre à tous.
Ce sont les abeilles qui transportent le pollen à lintérieur
des fleurs de guarana. La plante donne un fruit dont le noyau est
séché au soleil, puis râpé. En France,
il est vendu en poudre à diluer dans l'eau pour faire une
boisson qui donne de l'énergie et aide à lutter contre
la maladie.
Obadias, le chef des Satéré Mawé explique :
'Grâce à la vente du guarana naturel, celui qui est
produit par nous, les Satéré, notre communauté
peut lutter contre les grandes compagnies qui veulent rechercher
du pétrole dans la région. Cette culture biologique
aide à la fois à protéger la biodiversité
de la forêt et nous aide à préserver leur culture
et leurs ressources'.
3 500 Indiens ont trouvé du travail grâce au guarana
: les métiers qui ont un rapport avec la fabrication et la
vente du guarana sont variés : certains travaillent à
reboiser la forêt en plantant des arbres; d'autres ont pu
acheter du matériel d'apiculture et produisent du miel; d'autres
trient les ordures et récupèrent les piles usagées
et le plastique pour les recycler.
La communauté peut créer des écoles et payer
des études aux jeunes qui veulent devenir professeurs ou
ingénieurs.
Elle a même construit un village pour que les touristes viennent
sur place apprécier les bienfaits du guarana et découvrir
la vie quotidienne des Indiens en forêt.
Cest ce quon appelle le développement durable.
     
La Terre sans mal
Lorsque les Européens arrivèrent au Brésil
il y a cinq siècles, ils rencontrèrent des tribus
cannibales, les Tupi-Guarani, qui vivaient au milieu
d'une nature riche. Ils étaient toujours à la recherche
d'une terre idéale, la 'Terre sans mal.
Guidés par leur chef religieux, ils attaquaient leurs voisins
et faisaient des prisonniers. Ils les gardaient avec eux, les soignaient
et les nourrissaient bien pendant plusieurs années. Puis
ils décidaient de les manger, pensant ainsi récupérer
dans leur corps la vie de leurs ennemis. Les femmes et les enfants
se partageaient la langue, la cervelle et les boyaux cuits dans
un bouillon.
Après une vie passée à faire des prisonniers
en recherchant ce paradis, les morts pouvaient enfin se retrouver
sur la 'Terre sans mal'.
Mais la vie actuelle des Guarani ne ressemble pas du tout à
ce paradis quils cherchaient avant la colonisation.
Récemment, trois enfants guarani sont morts de faim et des
centaines d'autres sont mal nourris. Les Guarani ne vivent plus
que sur 1% de leur ancien territoire, ce qui ne leur permet pas
de cultiver assez pour se nourrir tous. Beaucoup sont obligés
d'aller vivre dans des sortes de bidonvilles au bord des routes.
Ils réclament désespérement qu'on leur rende
leurs terres.
     
Petites nouvelles d'Amazonie
Victoire à la 'Montagne du Soleil' : le 15 avril 2005, le
président Lula a rendu aux 16 484 Indiens de Raposa Serra
do Sol (montagne du soleil) leur territoire, c'est-à-dire
un espace de vie suffisant pour y vivre à l'aise.
Une loi précise comment on démarque les territoires
indigènes :
l'espace est d'abord délimité sur place, puis après
de nombreuses discussions, il est dessiné sur la carte et
enfin enregistré dans les documents de l'administration.
2005 est l'année du Brésil en France, avec de nombreuses
expositions, des spectacles, des concerts, des reportages dans les
journaux et à la télé. L'agenda du site en
a sélectionné quelques-uns, mais beaucoup d'autres
sont intéressants. Dans la photothèque, tu trouveras
des photos d'Indiens d'Amazonie et dans la médiathèque
et le lexique, de quoi te rendre savant sur le sujet.
Dossier réalisé à partir des informations
collectées sur place par Survival, et d'extraits d'articles
de Libération, Le Monde, Courrier International et
Mon Quotidien de mars, avril et mai 2005.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique
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