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Chaque année, le 8 mars est la journée internationale
de la femme. Le 18 décembre 1979, l'Assemblée générale
des Nations unies a adopté une Convention, un texte qui précise
tous les droits de la femme partout dans le monde. A cette occasion,
nous te présentons des femmes indigènes remarquables,
qu'elles soient étudiantes, chamanes, écrivains, maîtres
de danse, chefs de village ou ministres.
       
En Australie, Doris Pilkington Garimara est une femme aborigène
écrivain qui a raconté l'histoire vraie de sa mère.
Dans ce pays, pendant un siècle, les Blancs ont arraché
des enfants aborigènes à leurs familles et à
leurs villages pour les mettre dans des pensionnats où ils
étaient obligés de recevoir une éducation chrétienne,
d'apprendre l'anglais et de vivre comme de bons futurs domestiques.
En 1931, cette petite fille de 14 ans et sa jeune sur s'enfuient
de leur pensionnat et parcourent 2 400 km pour rejoindre leurs parents
en longeant la clôture qui servait à protéger
la région des invasions de lapins. En 1940, elle est de nouveau
placée de force au pensionnat avec ses deux jeunes enfants,
et réussit encore à s'échapper, laissant Doris,
qui avait alors 4 ans, et qui restera 30 ans sans voir sa mère.
C'est ce qu'elle raconte dans Le chemin de la liberté,
dont on a aussi tiré un film en 2002.

Doris se bat pour que les Blancs reconnaissent officiellement
ce qu'ils ont fait subir jusqu'en 1970 à des milliers d'enfants
aborigènes. C'est son livre et le film qui ont fait découvrir
avec horreur aux Australiens d'aujourd'hui comment la génération
de leurs parents et grands parents traitait les Aborigènes.
Lire aussi la page sur les Aborigènes dans
la rubrique 'qui ?' du menu
       
En Indonésie, sur l'ïle de Sumatra, Inyiak, 104 ans,
est maître du silat
Inyiak a 104 ans, et elle a l'agilité et la rapidité
d'une jeune femme. Elle est grand mère, travaille à
la rizière et aux tâches ménagères, mais
aussi écrivain et musicienne réputée. Elle
écrit des pièces de théâtre, compose
des chansons et chante elle-même.
Le silat est un art martial traditionnel venu de Malaisie. Il permet
de renforcer les liens d'amitié et de fraternité,
car pour le pratiquer, 'il faut avoir un cur pur et ne
pas faire le malin. Cet art tue les défauts, comme la jalousie,
l'arrogance ou la haine
L'élève se rapproche
lentement de Dieu' explique Inyiak. Le silat est tranchant,
mais ne blesse pas. La main doit être plus rapide que la balle
qui est tirée vers vous, et la saisir au vol.
       
Aux Etats-Unis, Rebecca Adamson, de mère amérindienne
cherokee et de père suédois est une militante
Elle se bat pour faire reconnaître les droits des peuples
indiens aux Etats-Unis et faire connaître la richesse de leur
culture. Son combat lui a valu d'aller trois fois en prison, mais
elle a réussi à faire voter aux Etats-Unis une loi
qui permet aux Indiens de diriger les écoles et d'organiser
la vie dans les réserves. Elle milite maintenant en faveur
de tous les peuples indigènes de la planète. Grâce
à Rebecca, la Banque mondiale, qui prête aux pays pauvres,
a décidé depuis 2003 d'aider aussi les populations
indigènes.
       
En Guyane, Brigitte Wyngaarde amérindienne arawak (lokolo),
est chef du village de Balaté, près de saint Laurent
du Maroni

© www.blada.com
Elle milite pour faire respecter l'environnement en
Guyane et faire vivre les traditions des Amérindiens,
tout en modernisant ce département français : il faut
des écoles et des lycées, des moyens de communication
et des hôpitaux performants. Le plus difficile est de concilier
le mode de vie indigène et les nouveautés du XXIe
siècle : les jeunes font des études de plus en plus
longues et espèrent avoir un métier d'avenir, tout
en restant fidèles aux traditions. Ils ont du mal
à trouver le juste milieu entre les deux. Beaucoup ne s'y
retrouvent pas, se sentent perdus et sont attirés par l'alcool,
la drogue ou le suicide. Dans un monde moderne où le goût
de l'argent est plus fort que tout, les traditions de sagesse, de
tolérance et de partage des Amérindiens sont des valeurs
à sauver.
Lire la page sur les Wayana dans la rubrique
'qui ?'
       
En Bolivie, Casimira Rodriguez Romero est indienne et ministre de
la Justice
Casimira vient d'être nommée ministre de la Justice.
A l'âge de 13 ans, elle avait été placée
comme bonne à tout faire dans un famille, et depuis elle
milite pour la défense des employées de maison. 'Je
viens d'une famille pauvre, mais qui m'a toujours donné beaucoup
de tendresse et d'amour
J'ai appris à écouter
mes frères et mes surs boliviens qui viennent au ministère
demander qu'on les entende.' Elle s'est battue pendant 12 ans
pour que soit votée une loi qui réglemente ce métier.
Comme ministre, elle a aussi l'intention de s'occuper de 'la
justice communautaire, qui nous vient de nos ancêtres indiens
et qui s'applique en fonction de coutumes ancestrales'.
       
En Equateur, une école est réservée aux femmes
indigènes
Dans les environs de Quito, capitale de l'Equateur, les femmes peuvent
s'inscrire dans une école bien particulière. C'est
l'école de formation des femmes indigènes Dolores
Cacuango.
Elles y viennent de très loin, après un voyage souvent
périlleux et inconfortable, pour assister à des cours
d'écologie, de médecine traditionnelle ou de comptabilité.
Les études durent trois ans, et les élèves
retournent dans leur village pour y enseigner à leur tour
ce qu'elles ont appris.
       
En Amazonie brésilienne, chez les Indiens yawa-nawa, deux
femmes sont devenues chamanes
C'est bien la première fois que chez ces Indiens-là,
pas du tout féministes, des femmes peuvent devenir chamanes.
Katia Hushahu et Raimonda Putani ont dû ignorer les blagues
et les insultes des hommes et se soumettre aux rites d'initiation,
comme celui qui consiste à avaler du rare, une plante
hallucinogène qui fait voyager chez les esprits. Le chef
du village est rassuré, car la communauté manquait
de chamane. Et maintenant, les femmes ont prouvé par leur
courage et leur acharnement qu'elles sont égales aux hommes.
Lire aussi l'article de mars 2006 : les Bissagos,
îles des femmes
Dossier réalisé à partir d'articles de Géo,
Métro, Courrier International et de publications
de Survival.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique
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