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Nanuk est-il en danger de mort ? C'est de l'ours polaire
qu'il s'agit, nanuk en inuktitut, la langue inuit.
Actuellement, l'ours blanc ne fait pas partie des animaux
en voie de disparition, mais deux menaces pèsent sur
lui : le réchauffement de la planête qui fait
fondre la banquise, son terrain de chasse. L'autre menace
vient des chasseurs. Au Groenland, seuls les chasseurs professionnels
inuit ont le droit de chasser les ours, sauf les mères
accompagnées de leurs petits.
Comme la banquise se rétrécit, l'ours doit
poursuivre les phoques à la nage plutôt qu'à
la course, et cela lui est plus difficile. Il se nourrit donc
moins bien et maigrit. On a vu des ours tout maigres rôder
autour des villages. Les mères sous-alimentées
ont plus de mal à mettre au monde des oursons.

©
Catherine Reisser, Laurence Quentin
(In Les terres de glace, coll. Baluchon, ed. Nathan
2005)
Le Canada est le seul pays où la chasse à l'ours
sportive est autorisée, mais extrêmement contrôlée.
Si le Groenland fait de même et commence à faire
venir des touristes pour chasser, certains s'inquiètent
pour la survie de l'espèce. Les Inuit du Nord groenlandais
tuent en moyenne six ours par an et revendent les peaux pour
gagner un peu d'argent. Certains voudraient organiser des
safaris à l'ours pour des clients étrangers
riches qui seraient fiers de rentrer chez eux en emportant
leur trophée, et qui sont prêts à payer
très cher. On dit même que deux ours chassés
ainsi rapporteraient plus au chasseur inuit qui organise le
safari que la vente de six peaux. Une chasse coûterait
13 500 euros au client, alors qu'un Inuit vend une peau en
moyenne 1 350 euros. A ce prix-là, il a du mal à
faire vivre toute sa famille.
Son principal gibier était traditionnellement le
phoque, mais depuis que l'abattage des phoques a été
violemment condamné par les protecteurs de la nature,
il a du mal à trouver des acheteurs pour ses peaux,
et le prix de celles-ci a beaucoup baissé.
Avant d'autoriser ces safaris, les défenseurs de l'environnement
demandent que l'on recense le nombre de nanuks et qu'on précise
combien d'abattages seront autorisés. Quant aux Inuit
du nord du Groenland, ils ont besoin de trouver de nouveaux
revenus. Ils sont parmi les premières victimes du réchauffement
climatique qui met en péril leur mode de vie et qui
les appauvrit.
D'après Le Monde des 16 et 19/11/2004, Courrier
International du 3/3/2005, Libération du
7/2/2005.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique.
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