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Le Mali est un pays très pauvre d'Afrique noire et
de nombreux Maliens veulent venir vivre en France, alors que
la France refuse souvent de les accueillir et les renvoie
chez eux assez brutalement.
Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du
Mali, écrit à Jacques Chirac à propos
des uvres d'art africain que les pays riches, comme
la France, achètent à prix d'or pour leurs musées.
        
'Monsieur le Président, votre passion pour les arts
premiers... contraste avec la faiblesse de l'aide que
vous apportez au développement de l'Afrique. En visitant
votre futur musée du quai Branly, je me suis réapproprié
à ma manière ces ancêtres et ces
dieux et j'ai confié à l'une des sculptures,
une statue Tellem qui vient de mon pays, le soin de vous rappeler
l'atroce cauchemar qui est le nôtre :
Le voyage a dû être long pour vous qui êtres
venue il y a si longtemps par bateau ! Vous devez avoir froid
ici, n'est-ce pas ? Comment parvenez-vous à tenir sans
nos offrandes ? Vous nous manquez terriblement...
N'entendez-vous pas les lamentations de ceux et celles qui
se perdent dans le Sahara ou se noient dans les eaux de la
Méditerranée ? N'entendez-vous pas les cris
de ces centaines de naufragés, dont des femmes enceintes
et des enfants en bas âge?*
Peut-on aimer l'art d'un peuple, c'est à dire une
partie de son âme... , et mépriser ce peuple,
le rejeter ?
En d'autres temps, j'aurais pu trouver conseil auprès
du fétiche de mon village. Il m'aurait demandé
de la noix de cola, un coq ou un cabri. Mais la plupart de
nos biens culturels, de nos uvres de l'esprit ... ont
été emportées par les amateurs d'art
africain.'
* Aminata Traoré parle des Africains pleins d'espoir
qui quittent leur pays vers la France et traversent le désert
du Sahara à pied et la mer Méditerranée
en barque. Beaucoup n'atteignent jamais leur but et meurent
en cours de route dans des conditions atroces.
D'après Les Inrockuptibles du 4 avril 2005
qui annonçait la parution du livre d'Aminata Traoré
Lettre au président des Français...
         
Pour montrer avec humour comment nous nous nourrissons l'esprit
avec les arts premiers, le musée de Neuchâtel
avait organisé en 2003 une exposition d'un genre particulier.
Au 'musée cannibale' les civilisés (nous)
dévoraient les sauvages (les indigènes). L'histoire
habituelle du cannibale qui dévore l'homme blanc était
inversée. Le public européen se régalait
d'une recette de cuisine qui mêlait des ingrédients
comme des morceaux de fétiche, de masque, de poterie
et de tissus.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique.
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