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Trois satellites surveillent avec vigilance l'Amazonie.
"Il serait impossible de surveiller l'Amazonie sans
images satellite. Elles sont la seule façon de savoir
ce qui se passe dans une région si vaste", explique
Gilberto Camara, directeur de l'Institut national de recherches
spatiales (INPE).
Ces satellites d'observation des ressources terrestres (CBERS)
permettent de détecter presque en temps réel
les anomalies dans la plus grande forêt de la planète
menacée par les exploitants de bois, les chercheurs
d'or clandestins, les agriculteurs et les trafiquants de drogue.
Grâce à ce système, le Brésil a
réussi en deux ans à réduire de moitié
la déforestation en Amazonie.

©
DR
Mais les chercheurs d'or, trafiquants et exploitants forestiers
clandestins savent que, quand une épaisse couche de
nuages recouvre l'Amazonie, ils sont invisibles pour la caméra.
Le Brésil travaille donc au développement, avec
l'Agence spatiale allemande, d'une caméra-radar pour
un projet de satellite 100% brésilien dont la vue ne
sera plus voilée par les nuages.
      
Le satellite trouve son utilité dans de multiples applications.
En observant les cultures on peut prévoir le rendement
des récoltes. Les impôts des grands propriétaires
terriens du centre du Brésil sont calculés à
partir d'images qu'il fournit.
"Nous utilisons ces photos pour mesurer la limite de
chaque propriété et identifier qui plante quoi,
récolte après récolte. Nous calculons
l'impôt à partir de ces images", explique
le responsable des Finances de l'Etat.
Les autorités ont également recours aux images
satellite avant de convoquer au tribunal ceux qui brûlent
la forêt pour créer des pâturages et des
plantations sans autorisation.
La Fondation nationale de l'Indien (Funai) s'en sert
pour "faciliter la localisation et la protection des
groupes isolés qui n'ont pas encore eu de contact
avec l'homme blanc", déclare un de ses responsables.
Ainsi les peuples qui restent cachés au cur de
la forêt peuvent-ils être repérés
et observés sans être menacés par les
maladies du contact, ni agressés par le monde
extérieur. (Lire dans les archives
du journal le dossier de septembre 2005 sur les peuples non-contactés).
      
Ce systéme est une excellente illustration de la coopération
avec les pays voisins en matière de technologie de
pointe. Son grand intérêt réside dans
la distribution gratuite des images via internet. Chaque pays
peut surveiller ses frontières et savoir qui les franchit.
Au Brésil et chez ses voisins latino-américains,
les images satellite sont utilisées par quelque 5 000
organismes et d'ici 2008, elles devraient être proposées
en Amérique centrale, aux Caraïbes, en Afrique
et dans le Sud-Est asiatique.
Les mots en gras sont expliqués
dans le lexique.
D'après une
dépêche de l'AFP
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