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En Colombie, les Nukak sont parmi les
derniers Indiens nomades de la forêt amazonienne. Comme
tous les peuples nomades, ils ne possèdent que très
peu de choses, faciles à emporter : tout d'abord un
hamac, et des sacs de palme pour transporter sur le dos leurs
quelques ustensiles. Ils ne restent jamais plus de quelques
jours au même endroit et ne sortent que rarement des
profondeurs de la forêt.

© Gustavo Pollitis/Survival
En 1987, des Nukak ont été massacrés
par des colons venus s'installer dans leur région
pour y cultiver la coca. Cette plante a toujours été
cultivée et utilisée par les Indiens, en infusion
contre le mal des montagnes, et en feuilles à mâcher
pour oublier la faim et la fatigue. Sa transformation en drogue
dure, la cocaïne, est la cause de la guerre qui s'est
abattue sur la région entre les trafiquants et l'armée.
Les Nukak ont été obligés
de quitter la forêt et de fuir vers l'est, dans la direction
où ils pensaient avoir des parents perdus, selon leur
croyance ancestrale. C'est ainsi qu'ils entrèrent
en contact avec les Blancs de la ville et contractèrent
des maladies nouvelles, comme la grippe, la pneumonie et la
malaria, mortelles pour eux.
Puis une nouvelle menace apparut : leur territoire
recélait peut-être du pétrole dans son
sous-sol, et une compagnie américaine commença
à tracer des routes à travers la forêt
pour prospecter. Devant les nombreuses protestations d'organisations
qui soutiennent les Nukak, le gouvernement a fait stopper
cette prospection.
Survival s'est beaucoup préoccupé
de leur sort, et depuis 1991, de nombreuses lettres et pétitions
ont permis de faire changer la politique du gouvernement colombien.
Le 11 août dernier, on annonçait enfin qu'une
parcelle de forêt de 20 000 hectares était accordée
aux Nukak. Mais cette surface ne représente qu'une
très petite part de leur ancien territoire,
et en est éloignée de 450 km ! Comme tous les
peuples nomades, ils ont besoin de vastes terres pour pouvoir
changer d'emplacement quand les réserves de la forêt
commencent à s'épuiser autour de leur campement.
Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré:
'Nous nous réjouissons que la mobilisation internationale
en faveur des Nukak ait enfin décidé le gouvernement
colombien à agir. Cela montre une fois de plus que
l'opinion publique peut exercer une pression efficace sur
le gouvernement. Mais les Nukak ne survivront qu'à
la condition de pouvoir retourner sur leurs propres terres'.
Cherche dans les archives du journal : dans
le 'dossier' et dans les 'nouvelles' de juin 2006, tu peux
lire ce qu'on écrivait à propos des Nukak,
D'après Les Nouvelles de Survival,
numéro 31 et Le Monde du
29 août 2006
Les mots en gras sont expliqués dans
le lexique.
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