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Un
rétroviseur de motoneige à la main, une jeune
fille dessine des tatouages bleus sur son visage. Une autre
est à la recherche d'un manteau de fourrure introuvable.
Deux hommes brisent des blocs de glace pour faire de l'eau
potable. Des phoques et des morses congelés feront
le repas des Inuit qui travaillent sur le tournage.
Des acteurs en manteau de caribou ou d'ours polaire répètent
leurs rôles. A minuit, il règne une lumière
bleutée sur la banquise et le seul éclairage
vient d'un qulliq, lampe de pierre à l'huile de phoque,
qui brûle dans l'igloo. On est à 300 kilomètres
au nord du cercle polaire, sur les bords de l'île de
Baffin au Canada.
Zacharias Kunuk, cinéaste dont les parents ont grandi
ici, a choisi de filmer l'histoire d'un des derniers chamanes
d'Igloolik dont les descendants vivent encore ici. Il a demandé
aux anciens de lui raconter cette époque, quand
sont arrivés les premiers chrétiens, et avec
eux le monde moderne. Dans les années 1920, l'explorateur
danois Knut Rasmussen a vécu là, et a raconté
dans son journal le bouleversement qu'ont alors connu les
Inuit, avec le développement du commerce et de la nouvelle
religion.
Igloolik connait aujourd'hui une autre révolution :
ce village de 1700 habitants accueille pendant quelques semaines
150 personnes venues tourner un film sous la direction d'un
des leurs. C'est la deuxième fois, 4 ans après
Atanarjuat. A coté des tentes et des motoneiges
modernes, tous ont repris les vieilles méthodes de
fabrication des vêtements, outils, traineaux et autres
objets. Les anciens, qui avaient conservé la mémoire
de ces savoir-faire, ont eux aussi repris du service.
D'après Libération du 1er juin 2005.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique.
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