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La moitié des médicaments que nous utilisons
sont fabriqués à partir de plantes et d'animaux
de la forêt amazonienne. Avec un seul tatou, on peut
vacciner 2 500 personnes contre la lèpre. Avec
l'écorce du quinquina, on fait de la quinine
qui soigne le paludisme, maladie tropicale provoquée
par les piqûres de certains moustiques. La résine
obtenue à partir du virola soigne les maladies
de la peau comme les mycoses. Quant au fameux curare, poison
fabriqué par les chasseurs pour paralyser le gibier,
il est utilisé en chirurgie pour anesthésier.
Les Indiens racontent que c'est en observant un aigle se faire
les griffes sur l'écorce d'une liane avant de foncer
sur sa proie qu'ils découvrirent le secret. Depuis,
ils en enduisent la pointe de leurs flèches.
RECETTE DU CURARE :
Râper l'écorce de la liane jusqu'à
obtenir 3 kg de copeaux. Mélanger à un volume
d'eau. Cuire à feu vif et laisser bouillir douze heures.
Mélanger ce sirop avec des feuilles de palmier et du
bois de pipéracées hâchés. Laisser
macérer jusquà obtenir une pâte pas trop
claire. On peut ajouter des têtes de serpents venimeux,
de grosses fourmis ou des piments pilés. Pour tester
la mixture, essayer sur un crapaud. Il doit être pétrifié
avant d'avoir fait trois bonds. Chez nous, ça s'appelle
du C40H50O2N4.
Il existe aussi des plantes magiques qui libèrent
l'âme du corps et permettent à l'esprit de voyager
librement dans des royaumes merveilleux où il rencontre
ses ancêtres avant de 'rentrer à la maison'.
Ce sont ces plantes qui permettent au chamane d'entrer
en communication avec les esprits pour les chasser du corps
du malade qu'il soigne.
Quand les chamanes récoltent ou cultivent les plantes
médicinales, ils soufflent la fumée de leur
cigarette sur la plante avant de la cueillir car les mauvais
esprits n'aiment pas le tabac, tout comme les vampires n'aiment
pas l'ail.
Cette connaissance des secrets de leur forêt qu'ont
les Indiens constitue une richesse dont les grands laboratoires
de nos pays essaient de profiter. C'est pour cette raison
que les Indiens réclament des droits qui protègent
leurs terres et aussi leur science, afin de pouvoir contrôler
que leurs savoirs ne sont pas pillés par les grands
laboratoires.
D'après le catalogue de l'exposition Rêves
d'Amazonie à l'abbaye de Daoulas (printemps 2005)
et Epok d'avril 2004.
Les mots en gras sont expliqués dans le
lexique.
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