Les Nenets

Femme nenets

© Steve Morgan

 

"La toundra est notre foyer et les rennes sont notre vie et notre avenir", disent les Nenets.

 

 

Quel est leur vrai nom ?

Nenets, le nom de ce peuple de Sibérie, signifie « homme » dans leur langue, comme souvent chez les peuples autochtones. Ils s’appellent aussi eux mêmes « enfants des rennes ».

 

Dans quels pays et dans quel milieu naturel vivent-ils ?

Les Nenets habitent principalement la péninsule de Yamal, en Russie, une vaste région de tourbière qui s’étend du nord de la Sibérie à la mer de Kara, bien au delà du cercle polaire arctique. Elle est mouillée à l’est par le golfe de l’Ob et, à l’ouest, par la baie Baïdaratskaïa, couverte de glace la plupart de l’année.

 

YamalYamal

© Steve Morgan

 

Yamal, qui, dans la langue des Nenets, signifie « extrémité du monde », est une péninsule reculée, battue par les vents, au pergélisol entrecoupé de rivières sinueuses. Elle est le territoire des Nenets depuis plus d’un millénaire.

Nomades, les Nenets déplacent leur campement environ 70 fois par an, sur plus de 1 000 km, dans le but de trouver les pâturages de lichen blanc indispensables à la survie de leurs troupeaux de rennes.

 

Combien sont-ils ?

Avec une population de plus de 40 000 personnes, ils constituent la plus importante des 26 ethnies de la Sibérie.

 

Quelles langues parlent-ils ?

Les Nenets ont leur propre langue, le nénètse, qui fait partie des langues samoyèdes comme la langue nganassane. Pendant l'époque soviétique, tous les Nenets ont été assimilés de force et une génération a oublié sa langue natale. Les enfants étaient séparés de leurs familles et envoyés dans des internats gérés par l'Etat où il leur était interdit de parler leur propre langue.

Bien que la langue russe reste aujourd’hui prépondérante, le nénètse est réapparu : on l'enseigne dans les écoles et les éleveurs l'utilisent de nouveau dans leur vie quotidienne.

 

Comment s'habillent-ils ?

Les peaux de rennes permettent de confectionner des vêtements et des chaussures chaudes. Avec le cuir, ils font des lassos ou des harnais, mais aussi des chaussures pour l'été, tandis que les bois sont utilisées pour la fabrication d'outils et ustensiles. En hiver, ils sont habillés d'une longue tunique en peau de renne avec mitaines et capuchon intégré : la malitsa. Chaque éleveur possède deux ou trois paires de longues cuissardes en peau de renne (tobogui).

 

Comment sont leurs maisons ?

L'habitation traditionnelle des Nenets est le tchoum : une tente conique en peau de renne qui ressemble au tipi amérindien. Mais ils utilisent aujourd'hui beaucoup de tentes à armatures préfabriquées surmontées d'une toile. Le sol est recouvert d'un plancher et de peaux de rennes. On éclaire l'intérieur avec une lampe à pétrole.

 

Tchoum nenetsTchoum nenets

© Steve Morgan

 

Quels animaux vivent autour d'eux ?

« Le renne est notre maison, notre nourriture, notre chaleur et notre moyen de transport », confie Sergei, un éleveur nenets. Chaque Nenets possède un renne sacré qui ne doit être ni harnaché ni abattu tant qu’il est en mesure de marcher.

Les éleveurs nenets se déplacent avec leurs rennes selon les saisons en suivant d’anciennes routes migratoires. Durant l’hiver, alors que la température peut descendre jusqu’à -50° C, les Nenets font paître leurs rennes sur les pâturages de mousse et de lichen des forêts du sud, ou taïga. Durant les mois d’été, lorsque le soleil de minuit transforme la nuit en jour, ils laissent derrière eux les mélèzes et les saules pour migrer vers le nord. Après avoir traversé les eaux gelées de l’Ob et atteint la toundra dénuée d’arbres sur les rives de la mer de Kara, ils ont parcouru près de 1 000 km.

 

Parmi les rennesParmi les rennes

© Steve Morgan

 

Que mangent-ils ?

La viande de renne est la base principale de leur alimentation. La viande est consommée crue, congelée ou bouillie, mélangée à du sang d’un renne tout juste abattu, riche en vitamines. Les abats sont des mets de choix. Les Nenets mangent également du poisson tel que le saumon blanc ou le muksun, un poisson blanc à la teinte argentée, et ils cueillent des canneberges de montagne durant les mois d’été.

De nos jours, au contact de la civilisation russe, les Nenets achètent des produits de première nécessité au village (sucre, sel, beurre, pâtes, pain et alcool). Certains ustensiles de cuisines, des fusils et même des fours font désormais partie du quotidien des Nenets.

 

Quels sont leurs croyances et leurs rites ?

La Terre et ses ressources, comme chez les Amérindiens, font l’objet d’un culte. Ainsi, Noum, le dieu du ciel et des grandes tempêtes, est vénéré par les Nenets. Le chamane, très respecté, est appelé tadibya. C’est le médiateur entre le monde des esprits et le monde terrestre.

Au printemps, quand apparaît l’herbe verte, les Nenets disent ya ilielyij (« la terre est ressuscitée ») et, à l’automne, quand l’herbe jaunit, ya khanga (« la terre est morte »). C’est à ces moments que sont organisés les rites nenets.

 

Quelles œuvres d'art produisent-ils ?

Les Nenets ont une riche tradition de littérature orale et de musique. Leur folklore inclut de longs chants épiques et de courtes chansons lyriques. Des poètes et des écrivains s’inspirent aujourd’hui de cette tradition et font entendre leur voix pour sauver la culture nenets.

 

Quels sont leurs problèmes dans le monde actuel ?

Le principal danger menaçant les Nenets n'est pas celui de l'extinction, puisque leur population est croissante, mais celui de l'assimilation et de la perte de leur identité culturelle. Beaucoup de Nenets ne veulent plus vivre dans la toundra et reprendre la vie nomade, qu'ils trouvent trop dure.

Les routes migratoires des Nenets sont maintenant affectées par les infrastructures liées à l’extraction des ressources. Les routes représentent des obstacles difficiles à franchir pour les rennes, et la pollution menace la qualité des pâturages.

Les préparatifs du mégaprojet Yamal (un projet d’exploitation à long terme de gaz naturel de la péninsule, développé par le géant gazier russe Gazprom) ont commencé dans les années 1990. En mai 2012, le premier gisement de gaz naturel du vaste champ Bovanenkovo sera exploité. Chaque année, des milliards de mètres cubes de gaz seront acheminés vers l’Europe occidentale.

« Ce qui arrive à la terre est très important pour nous », dit Sergei. « Nous craignons qu’avec toutes ces nouvelles industries nous ne puissions plus effectuer nos migrations saisonnières. Et si nous ne sommes plus en mesure de migrer, notre peuple pourrait bien disparaître. »

 

 

Découvre sur le site de Survival une belle galerie de photos sur les Nenets.

Dossier réalisé à partir du site de Survival, de Wikipedia, du site www.everyculture.com.