Photo d'une grande maison yanomami

 

Claudia Andujar a pris cette photo dans la grande maison yanomami du village de Wakatha u, en forêt amazonienne.

Cette grande photographe brésilienne a passé des années à défendre les Indiens yanomami en les aidant à faire reconnaître leur territoire par le gouvernement du Brésil.

« Je suis reconnaissante aux chamanes yanomami de m'avoir appris à rêver et de m'avoir aidée à créer ces images.

« Les espaces dans la toiture permettent à la fumée de s'échapper et laissent pénétrer les rayons du soleil. C'est ce qui fait la magie des taches de lumière dans cette maison plongée dans la pénombre.

« Les chamanes appellent les esprits xapiripë à descendre au centre de la grande maison. Ils dansent, lumineux, parés, magnifiques, enveloppés de lumières, ne touchant jamais le sol. Ils sont les doubles des animaux de chasse, de l'eau, de la foudre, du vent, de la nuit. Ils portent des noms : jaguar, aigle, tapir. Ils ont le pouvoir de guider le chamane dans ses rêves à travers les premiers temps de l'univers : il voit les utupë, images minuscules d'humanoïdes qui commençaient à prendre la forme d'humains.

« Pour les Yanomami, les photos sont aussi des utupë, images des êtres humains et des animaux. Photographier, c'est produire des images comme celles que voit le chamane dans son voyage chez les esprits. Dans la langue yanomami, le même mot désigne les deux sortes d'images.

« La photo permet-elle de faire voyager et rêver? Je l'espère. »