Une peinture de sable

 

 

Cette peinture de sable est l'œuvre des Indiens Navajo qui vivent dans des réserves de l'Utah, de l'Arizona et du Nouveau Mexique, au sud des Etats-Unis.

Pour les Navajo, deux forces s'opposent dans l'univers : l'une douce, c'est tout ce qui est féminin, et l'autre brutale, le masculin. Le ciel, avec la foudre, le soleil et les cyclones, sont masculins. Tandis que la terre est féminine, car elle donne les plantes, donc la nourriture, donc la vie. Quand il pleut au printemps, c'est le ciel qui vient à la rencontre de la terre. Ils s'accouplent pour donner naissance aux germes qui vont grandir. Quatre plantes sacrées pousseront : le tabac, la courge, le haricot et le maïs que tu reconnais sur la gauche de cette peinture de sable.

Les Navajo représentent des hommes, des femmes et des plantes en sables de différentes couleurs. Ce sont les hommes-médecine qui exécutent ces peintures sur le sol de la maison sacrée du village, le hogan. C'est une construction octogonale (à 8 côtés) en bois, couverte d'un dôme en terre.

La peinture est tracée avec des poudres de roches qu'on laisse filer doucement entre ses doigts. Quatre couleurs principales représentent chacune quelque-chose :

  • Le blanc est l'aube, la paix, le lever du soleil, l'Est
  • Le bleu est le jour, le Sud
  • L'ocre est le soir, le coucher du soleil, l'Ouest
  • Le noir est la nuit, l'obscurité.

Ils utilisent aussi d'autres couleurs, comme le brun pour la peau, le rouge pour le danger, ou le rose, mélange de rouge et de blanc, donc de danger et de paix.

Les hommes ont des têtes rondes, et les femmes des têtes carrées.

Lors de cérémonies de guérison, l'homme-médecine demande au malade de s'asseoir au centre de la peinture, les pieds vers l'Est, vers la porte du hogan par où entrent les êtres sacrés. Il prend un peu des poudres colorées du dessin à des endroits précis du corps des personnages représentés et les applique sur les mêmes parties du corps du malade. Ainsi il lui communique la beauté de l'œuvre pour que le malade puisse se refaire une nouvelle santé.

 

D'après Hozho, peintures de guérison des Indiens Navajo, de Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barrou. Editions Indigène 2003.