Apu kaz, famille dugong d'australie

 

"Ces légendes de chasse, je ne les ai jamais lues dans un livre. Elles viennent d’ailleurs, de l’intérieur de nous-même." Dennis Nona

 

Ces deux sculptures en bronze représentant une femelle dugong et son bébé sont l’œuvre de Dennis Nona, un artiste aborigène issu de la communauté des habitants de l’île de Badu, dans le détroit de Torres qui sépare le nord de l’Australie de la Papouasie Nouvelle-Guinée.

 

© Musée des Confluences/NGA.gov.au

 

Ces deux dugongs en bronze pèsent 200 kg et la mère mesure 2 mètres de long. Les motifs qui couvrent leur corps sont inspirés de ceux qui couvrent les masques traditionnels de l'île de Badu et racontent des légendes de chasse. Ces mythes n’ont jamais été écrits, mais seulement évoqués par des dessins, tout comme les Aborigènes du continent racontent leurs rêves en peinture en traçant des parcours et en décrivant des lieux par des points et les lignes colorés. Tu peux en voir un exemple dans le musée vivant.

Les dugongs sont de gros mammifères marins qui mesurent jusqu’à 4 mètres de long et pèsent 900 kg. Ils sont reconnaissables à leur nageoire arrière en forme de palette triangulaire arrondie. Ils vivent tout près des côtes et se nourrissent des plantes qui poussent dans l’océan. Ils se reproduisent assez peu : un petit à la fois, seulement tous les 4 ou 5 ans. C’est une espèce en danger, protégée maintenant par les lois internationales, car les dugongs ont été tellement chassés qu’ils sont devenus très rares. Autrefois, ils vivaient même en mer Méditerranée.

Dennis Nona peint aussi les oiseaux de son île, en particulier les oies qui migrent en groupe. Il a aussi coulé dans le bronze des crocodiles et des tortues. Tous ces animaux sont très présents dans les mythes des habitants de Badu. Les hommes y partagent les mondes terrestre et aquatique avec les poissons, oiseaux, tortues et monstres marins. On a retrouvé sur l’île de grands empilements d’os et des alignements de mâchoires de dugong qui témoignent du culte que les habitants vouaient à la mer dont dépendait leur alimentation.