Sous l'œil du satellite

Octobre 2007

 

Trois satellites surveillent avec vigilance l'Amazonie.

 

"Il serait impossible de surveiller l'Amazonie sans images satellite. Elles sont la seule façon de savoir ce qui se passe dans une région si vaste", explique Gilberto Camara, directeur de l'Institut national de recherches spatiales (INPE).

Ces satellites d'observation des ressources terrestres (CBERS) permettent de détecter presque en temps réel les anomalies dans la plus grande forêt de la planète menacée par les exploitants de bois, les chercheurs d'or clandestins, les agriculteurs et les trafiquants de drogue. Grâce à ce système, le Brésil a réussi en 2 ans à réduire de moitié la déforestation en Amazonie.

 

© DR

 

Mais les chercheurs d'or, trafiquants et exploitants forestiers clandestins savent que, quand une épaisse couche de nuages recouvre l'Amazonie, ils sont invisibles pour la caméra. Le Brésil travaille donc au développement, avec l'Agence spatiale allemande, d'une caméra-radar pour un projet de satellite 100 % brésilien dont la vue ne sera plus voilée par les nuages.

Le satellite trouve son utilité dans de multiples applications. En observant les cultures, on peut prévoir le rendement des récoltes. Les impôts des grands propriétaires terriens du centre du Brésil sont calculés à partir d'images qu'il fournit. "Nous utilisons ces photos pour mesurer la limite de chaque propriété et identifier qui plante quoi, récolte après récolte. Nous calculons l'impôt à partir de ces images", explique le responsable des Finances de l'Etat. Les autorités ont également recours aux images satellite avant de convoquer au tribunal ceux qui brûlent la forêt pour créer des pâturages et des plantations sans autorisation.

La Fondation nationale de l'Indien (Funai) s'en sert pour "faciliter la localisation et la protection des groupes isolés qui n'ont pas encore eu de contact avec l'homme blanc", déclare un de ses responsables. Ainsi les peuples qui restent cachés au cœur de la forêt peuvent-ils être repérés et observés sans être menacés par les maladies du contact, ni agressés par le monde extérieur.

Ce système est une excellente illustration de la coopération avec les pays voisins en matière de technologie de pointe. Son grand intérêt réside dans la distribution gratuite des images via internet. Chaque pays peut surveiller ses frontières et savoir qui les franchit. Au Brésil et chez ses voisins latino-américains, les images satellite sont utilisées par quelque 5 000 organismes et, d'ici 2008, elles devraient être proposées en Amérique centrale, aux Caraïbes, en Afrique et dans le sud-est asiatique.

 

(Source : AFP.)