Pourquoi il faut protéger les Indiens isolés

Février 2011

 

De nouvelles photos prises par les autorités brésiliennes (FUNAI) montrent une tribu d’Indiens isolés à la frontière entre le Brésil et le Pérou avec une netteté sans précédent, prouvant à ceux qui en doutaient qu’ils existent et qu’ils se portent bien. Tu peux découvrir ces photos ici et lire sur ce site un dossier consacré aux peuples isolés.

Mais pourquoi faut-il protéger des gens qui ont un mode de vie si étrange et qui peuvent montrer de l’hostilité à ceux qui tentent de les approcher?

 

Parce que ce sont les peuples les plus fragiles de la planète.

Ces gens sont vulnérables à toute forme de contact avec des étrangers en raison de leur faible immunité aux maladies auxquelles nous sommes habitués, comme la grippe. Si nous croyons aux droits de l’homme et aux droits des peuples indigènes, nous devons protéger en particulier les êtres qui sont les plus menacés.

Parfois rescapés de génocides, les Indiens non-contactés restent aujourd’hui confrontés aux menaces qui pèsent sur leurs terres et sur leur vie. Au Pérou, le gouvernement a cédé plus de 70 % de sa part de la forêt amazonienne à des compagnies pétrolières. Or une grande partie de ces concessions sont habitées par des Indiens isolés, si bien que la prospection pétrolière entraîne des contacts souvent meurtriers.

L’exploitation forestière illégale est l’autre grand danger qui guette ces Indiens. En 1996, des bûcherons clandestins en quête de bois rare ont forcé le contact avec les Indiens murunahua. Au cours des années qui ont suivi, plus de la moitié des Murunahua sont morts, la plupart à la suite de simples rhumes, de grippes ou d’affections respiratoires ; quant aux survivants, ils restent traumatisés. La tribu qui a été récemment photographiée au Brésil est elle aussi menacée par l’invasion des bûcherons clandestins au Pérou, qui fait fuir vers son territoire un autre groupe d’Indiens isolés.

 

Famille d'Indiens isolésFamille d'Indiens isolés

© Gleison Miranda/FUNAI/Survival

 

Parce que leurs langues, leurs connaissances sur leur environnement et leurs cultures sont uniques.

Ce ne sont pas du tout des hommes préhistoriques : ils savent des choses que nous ignorons. Ils connaissent mieux que personne les secrets des plantes médicinales de la forêt. Ils parlent des langues complexes qui ne comptent que quelques dizaines de locuteurs.

Il ne faut pas croire que les Indiens isolés d’aujourd’hui vivent comme les Indiens du passé. Chacun de ces peuples s’est adapté à sa façon aux changements du monde contemporain. La plupart d’entre eux utilisent ainsi des objets en métal qu’ils ont trouvés ou échangés avec d’autres tribus. De même, leurs ancêtres n’ont pas toujours vécu dans les régions les plus reculées. Beaucoup ont dû changer de mode de vie et sont devenus nomades en fuyant l’avancée des colonisateurs. Ils sont donc à la fois les gardiens d’une tradition et les inventeurs d’une réponse unique aux dangers du monde moderne.

Quand l’un de ces peuples disparaît ou est assimilé à la culture dominante, par conséquent, une langue, une vision originale du monde et un trésor de connaissances s’évanouissent avec lui.

 

Parce qu’ils contribuent à la diversité de l’humanité.

Ces peuples ont les cultures les plus différentes de la civilisation occidentale. Quelle tristesse et quelle monotonie si nous vivions tous de la même manière ! La diversité n’est pas un problème, c’est au contraire une richesse qui doit être préservée.

Eux-mêmes savent très bien qu’ils ne sont pas tout seuls et qu’ils sont très différents de nous, et c’est leur choix de refuser notre mode de vie et de rester isolés. Ils ont besoin, pour cela, que leurs territoires soient protégés.

Survival International est actuellement en campagne pour défendre les droits des peuples non-contactés. Tu peux toi aussi aider les Indiens isolés en écrivant une lettre à Alan Garcia, le président du Pérou, pour lui demander d’empêcher l’invasion de leurs terres.