Opération Nunilavut

Juin 2006

 

Les régions les plus au nord du Canada sont les premières victimes du réchauffement de la planète et de la fonte des glaces. Personne n'habite dans cette zone au climat inhospitalier, mais les Canadiens s'occupent de surveiller ce qui va s'y passer dans les prochaines années.

Leur "plan arctique" consiste à organiser la surveillance de la banquise : ce plan prévoit de construire trois navires brise-glaces pour se frayer un chemin à travers la couche de glace et d'envoyer sur place des rangers et des militaires pour espionner les navires et les sous-marins qui vont de plus en plus naviguer sur l'océan Arctique entre la Russie et les Etats-Unis. Cette nouvelle route maritime par le nord raccourcit de 7 000 km le trajet entre l'Europe et l'Asie par rapport à la route habituelle qui passe par le canal de Panama, entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique.

Les hommes qui connaissent le mieux le Grand Nord sont les Inuit. On a donc constitué un bataillon de 1 600 Inuit, équipé de motoneiges qui tirent des traineaux traditionnels. Ces hommes ne craignent ni le froid et les blizzards, ni l'ours polaire, ni l'immensité blanche, ni les murailles de glace, ni la panne de moteur. Ils savent "lire" la glace et le ciel pour prévoir la météo et n'ont pas besoin de GPS pour se repérer.

Au mois de mai 2006, une équipe de 50 de ces hommes a parcouru 4 500 km à travers l'extrême Arctique pour repérer où installer des pistes d'atterrissage et des relais de télécommunication. L'opération était baptisée Nunilavut, qui signifie "la terre qui est la nôtre" en inuktitut, la langue inuit.

L'an prochain, une nouvelle opération est prévue encore plus au nord : une simulation d'accident d'avion ou d'attaque terroriste contre les puits de pétrole de l'Arctique pour tester la rapidité et l'efficacité des secours.

 

D'après Le Monde, 27 mai 2006.