Yanomami, "prix de la honte" à GDF Suez

Avril 2010

 

Le Sida frappe les Yanomami

Un premier cas de sida a été confirmé chez les Indiens yanomami au nord du Brésil. Les Yanomami sont l'un des plus importants groupes indiens d'Amérique latine vivant de façon plus ou moins isolée autour de la frontière entre le Venezuela et le Brésil. Ils représentent aujourd'hui une population de plus de 30 000 personnes. En 1992, la création du Parc Yanomami au Brésil a permis à ce groupe de vivre paisiblement sur sa terre. Mais des chercheurs d'or travaillent encore de façon illégale sur ce territoire protégé, polluant les rivières et la forêt et leur transmettant des maladies dont probablement le sida.

 

Et le "prix de la honte" revient à... GDF Suez !

GDF Suez est une entreprise française de production d'électricité. Aujourd'hui, elle investit dans des projets un peu partout dans le monde. En janvier 2010, le groupe a reçu un "prix de la honte" qui récompense les entreprises les plus irresponsables du monde pour sa participation à la construction d'un barrage hydroélectrique en Amazonie brésilienne.

 

L'Amazonie (représentée par les points noirs)L'Amazonie (représentée par les points noirs)

 

Au nord-ouest du Brésil, sur la rivière Madeira qui se jette dans l'Amazone, GDF Suez participe depuis 2008 à la construction de l'un des plus grand barrages du Brésil. Et le projet ne s'arrête pas là ! Trois autres centrales sont prévues dans le bassin de la Madeira. Ce sont des centaines de kilomètres carrés qui vont être inondés par les retenues d'eau créées, ce qui menace la survie même de peuples indigènes.

Les tribus indiennes qui vivent au bord de la rivière et à proximité du site de construction devront se déplacer et perdront l'accès à leurs moyens de subsistance. Domingo, de la tribu paraintintin, s'inquiète: "Nous espérons que ce projet sera stoppé, car ce sont nos enfants qui en subiront les conséquences. Ils n'auront plus assez de poissons, plus assez de gibier pour s'alimenter." Un autre représentant des peuples menacés par le barrage regrette que la vie des siens soient détruites par ce projet "qui traite le fleuve et la terre comme des marchandises".

Mais ce sont aussi des groupes d'Indiens parmi les dernières tribus isolées du monde qui vont subir les conséquences de ce barrage. Certains d'entre eux, qui vivent à moins de 30 km du site de construction, s'enfuient déjà, effrayés par le bruit des engins de chantier. Mais les territoires où ils pensent trouver refuge sont envahis par des chercheurs d'or avec lesquels la confrontation risque d'entraîner de violents conflits ! De plus, les ouvriers du barrage prélèveront les moyens de subsistance essentiels à la survie des peuples indigènes dans leurs zones de chasse et de pêche et, plus grave, ils leur transmettront des maladies comme la grippe ou la rougeole contre lesquelles ils n'ont que de très faibles résistances.

Pourtant, le Brésil défend ce vaste programme comme une contribution du pays à la lutte contre le changement climatique car l'hydroélectricité est présentée comme une énergie propre ou "verte". C'est oublier les dégâts humains occasionnés ! Il faut aussi savoir que le gouvernement français possède des parts dans GDF Suez. C'est comme si la population française, représentée par son gouvernement, participait à la destruction d'une région et à la disparition de peuples indigènes.

Survival, avec d'autres ONG, a adressé une lettre au président de GDF Suez dénonçant la participation de sa compagnie à ce projet.

Pour les professeurs qui veulent en savoir plus sur ce sujet, lire l'article de fond paru dans le quotidien Le Monde. L'écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio et Jean-Patrick Razon (directeur de Survival France) y dénoncent ce projet hydroélectrique français qui met en danger les dernière tribus isolées d'Amazonie.

Vous pouvez également lire le dossier de janvier 2010 sur les effets dévastateurs des mesures prises contre la changement climatique. Découvrez le cas des Penan, également menacés par la construction d'un barrage hydroélectrique.