Avatar, Dongria Kondh, Indiens isolés

Février 2010

 

Pour les peuples indigènes, Avatar n'est pas une fiction

Les peuples indigènes sont ravis du triomphe d’Avatar, "un film qui raconte la véritable histoire de ce que nous vivons aujourd'hui".

En Malaisie, sur l'île de Bornéo, un Penan a confié à Survival : "Nous, le peuple penan, ne pouvons vivre sans la forêt. Elle nous protège et nous la protégeons. Nous comprenons les plantes et les animaux parce que nous habitons ici depuis de nombreuses années. Les Na'vi d’Avatar se lamentent parce que leur forêt est détruite. Il en est de même pour nous, les Penan. Les compagnies d'exploitation forestière abattent nos grands arbres, polluent nos rivières et font disparaître notre gibier".

En Afrique du Sud, un Bushman du Kalahari a déclaré : "Nous, les Bushmen, sommes les premiers habitants de l'Afrique australe. Nos droits à la terre sont bafoués et nous appelons le monde entier à l'aide. Avatar me rend heureux parce qu'il montre au monde ce que c'est que d'être Bushman et ce que notre terre représente pour nous. La terre et les Bushmen sont inséparables".

En Amazonie, un représentant des Yanomami a expliqué : "Mon peuple a toujours vécu en paix avec la forêt. Nos ancêtres nous ont appris à comprendre notre terre et les animaux. Nous avons utilisé ce savoir avec précaution, parce que notre existence en dépend. Ma terre yanomami a été envahie par les chercheurs d'or. Il en est résulté la mort d'1/5e de notre peuple, atteint de maladies que nous n'avions jamais connues auparavant"

En recevant un prix pour son film, fin janvier, le réalisateur d’Avatar, James Cameron, a évoqué l’une des idées centrales de son film qui "nous interroge sur le fait que tout est lié, les êtres humains les uns aux autres et chacun de nous à la terre". De même que pour les Na’vi qui décrivent la forêt de Pandora comme "leur tout", pour la plupart des peuples indigènes, la vie et la terre ont toujours été profondément liées.

 

Loin des studios d'Hollywood...

Au nom d'une tribu à l'est de l'Inde, Survival International a lancé un appel à James Cameron dans un magasine américain pour qu'il vienne en aide aux Dongria Kondh dont l'histoire ressemble à celle des Na'vi d’Avatar. Comme les Na'vi qui , dans le film, tentent d'empêcher les humains de s'emparer des richesses de leur sous-sol, ils luttent pour défendre leur terre contre une compagnie anglaise qui s'apprête à détruire leur montagne sacrée pour y exploiter une roche rouge permettant de fabriquer de l'aluminium.

Cette montagne vaut de l'or pour la compagnie Vedanta Resources... Mais, elle est avant tout le lieu de résidence du dieu Nyam raja des Dongria ! Les forêts denses des versants sont aussi le "garde-manger" de la tribu qui vit de la cueillette. La mine détruira les forêts dont dépendent les Dongria Kondh et anéantira la vie de milliers d'autres Kondh qui vivent dans cette région.

Mais, en 2008, le gouvernement indien avait déjà accepté l'installation d'une usine de la compagnie anglaise au pied de la montagne sacrée, ce qui a entraîné la destruction de maisons, de forêt et la pollution des rivières. Le soutien du réalisateur pourrait faire avancer la lutte engagée contre le gouvernement et éviter que la vie de milliers d'autres Kondh soit anéantie. Les Dongria Kondh méritent, eux aussi, un happy end...

 

Découverte d'une tribu isolée en Amazonie

Un groupe d’Indiens jusque là inconnu vient d’être découvert au sud-ouest de l’Amazonie.

C'est une tribu voisine, celle des Katukina, qui est tombée nez-à-nez avec ce nouveau groupe isolé. Ils ont pu les décrire comme étant petits, avec de longues chevelures et des corps peints au roucou, une peinture rouge obtenue à partir des graines d'une plante tropicale. Selon les Katukina, ils n’étaient pas agressifs et ont tenté de communiquer avec eux.

La FUNAI a décidé d’envoyer une expédition sur le territoire indigène pour mener une enquête de terrain, et rechercher la trace de ces Indiens isolés afin de les protéger du monde extérieur.

Des non-Indiens circulent toujours dans la région où est supposé vivre ce groupe et qui est proche d’une piste d’atterrissage illégale probablement utilisée par les trafiquants de drogue.

Il est à craindre que les étrangers circulant dans la région ne leur transmettent des maladies contre lesquelles ils n’ont aucune défense. A l’occasion de précédents premiers contacts, de nombreux Indiens ont succombé à des maladies anodines pour nous, telles que la grippe.