L'homme dans le trou, Copenhague

Décembre 2009

 

"L'homme dans le trou" victime d'une agression

Des hommes armés ont tiré sur le dernier survivant d’une tribu amazonienne isolée et inconnue. L’agression s’est déroulée en novembre en territoire indigène d’Amazonie brésilienne.

Il n’a pas été établi si l’Indien était directement visé par les coups de feu ou si les tirs ne voulaient que l’effrayer. Les fermiers installés dans cette région et qui s’opposent aux efforts du gouvernement pour protéger le territoire de cet homme en sont très probablement les auteurs. Un représentant de la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien,  estime que "l’homme dans le trou" a survécu à l’attaque.

Cet homme doit son surnom aux profonds trous qu’il creuse pour piéger les animaux et s’y cacher. Il serait le seul survivant du massacre de sa tribu commis  par les fermiers dans les années 1970 et 1980.

 

Image rare de "l'homme dans le trou"Image rare de "l'homme dans le trou"

© V. Carelli

 

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré peu après l'agression: "Non contents d’avoir massacré toute sa tribu, les fermiers veulent en finir avec ‘l’homme dans le trou’. Ils devraient laisser cet homme vivre ses derniers jours en paix sur sa propre terre". Sans mesures pour le protéger de la part des autorités, c’est la vie du dernier représentant d’un peuple qui risque d’être sacrifiée au nom des intérêts des fermiers.

Pour en savoir plus sur "l'homme dans le trou", lis l’article de mars 2007.

 

Peuples indigènes, les oubliés de Copenhague?

L’objectif de la conférence de Copenhague, qui s’est tenue du 7 au 18 décembre, était de trouver un accord sur les manières de combattre le changement climatique. Les peuples autochtones étaient au rendez-vous parce que leurs vies subissent plus que tout autre peuple, les graves conséquences du changement climatique.

En avril 2009, en Alaska, les peuples indigènes se sont réunis pour préparer la rencontre de Copenhague. Ils ont partagé leurs mêmes inquiétudes : leur habitat et leurs moyens de subsistance sont menacés, et ils doivent s’adapter à un environnement transformé. Chaque peuple a présenté les problèmes qu’il rencontre face à la déforestation ou à la fonte des glaces arctiques. Cette rencontre a abouti à la rédaction d’un texte transmis à l’ONU pour être défendu à la Conférence de Copenhague. L’occasion pour ces peuples venus des quatre coins du monde de montrer le rôle majeur qu’ils peuvent jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La voix des peuples indigènes a-t-elle été entendue à Copenhague ? Amnesty International a remarqué qu’ils ne figuraient pas parmi les thèmes principaux du sommet. Pourtant, il ne faut jamais oublier la grande injustice que vivent les peuples ayant vécu en harmonie avec la nature depuis des milliers d'années : ils sont aujourd'hui les plus touchés par le réchauffement alors qu’ils en sont les moins responsables. Ils sont également les victimes des mesures prises pour le stopper !

Le mode de vie durable de ces peuples, qui leur a permis jusqu’à ce jour de s’adapter à leur environnement, pourrait être d’un grand secours pour lutter contre le réchauffement. Leur savoir traditionnel peut nous offrir des solutions pour répondre aux problèmes du changement climatique. On devrait donc leur prêter une plus grande attention.

Dans le premier texte proposé par l’ONU à Copenhague, le droit des peuples indigènes ne figurait qu’entre parenthèses ! Ils ne doivent pas rester exclus de l’accord final... s'il y a accord !