Journée mondiale, Jarawa, Indiens du Rio Pardo, Penan, Papous

Juin 2005

 

Le 9 août : Journée mondiale des peuples indigènes

Dans l'article du 3 juin 2005 sur le droit à la santé pour les peuples de Sibérie, nous avions évoqué la déclaration des droits des peuples indigènes. De 1995 à 2005, l'ONU a travaillé sur cette déclaration qui doit garantir des droits particuliers à ces peuples, mais 10 ans n'ont pas suffi, et il a été décidé de continuer de 2005 à 2015.

Pour faire connaître cette question dans le monde, l'ONU a proposé que chaque année le 9 août soit une journée pour en parler dans les médias, journaux, radio, télévision et pour organiser des activités culturelles.

En mai dernier, des représentants de peuples indigènes du monde entier se sont mis d'accord pour présenter une liste de questions prioritaires à l'ONU. Ces revendications ont été adoptées après deux semaines de réunions où se rencontraient des hommes des cinq continents, des nomades en turban du Sahara, des moines bouddhistes en robe safran comme des Quechua au chapeau conique.

Ils se sont mis d'accord sur les deux objectifs à atteindre en priorité : réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans une pauvreté extrême et assurer l'école primaire à tous les enfants du monde.

Ils ont voulu s'assurer que l'école ne les empêcherait pas de transmettre leur culture, leur histoire et leur langue à leurs enfants. Ils ont aussi demandé que les droits de l'homme soient mieux respectés : les populations indigènes sont souvent victimes de toutes sortes de violence physiques et morales que Survival, et ce site, s'efforcent de dénoncer.

Luis Delgado Sandra Ramos, Quechua du Pérou, a conclu la réunion avec ces paroles : 'Nous appartenons à la terre, à l'eau, au monde naturel et la raison pour laquelle nous sommes venus ici est de faire cesser la pollution, les essais nucléaires et la guerre, la brutalité contre le monde de la nature.'

 

Inde (Asie)

Une nouvelle politique du gouvernement autorise les Jarawa à décider eux-mêmes de leur propre avenir. Cette victoire, c'est aux ONG qu'on la doit. Depuis 12 ans, elles mènent des campagnes pour que la réserve des Jarawa soit protégée des colons et des touristes. Survival continue à veiller à la bonne application de cette décision, en particulier la fermeture de la route qui coupe la réserve. Dans le dossier de mars 2005 consacré au tsunami, nous avions présenté les Jarawa. Voir dans les archives

 

Brésil (Amérique latine)

Un petit groupe d'Indiens non-contactés de la région du Rio Pardo est menacé de génocide. D'autres Indiens, des Arara qui vivent dans la même région, disent qu'ils les ont entendus la nuit. On a retrouvé des maisons abandonnées, ce qui fait penser qu'ils sont en fuite pour échapper aux forestiers qui pénètrent sur leur territoire avec des bulldozers pour exploiter le bois. Les rares groupes encore non-contactés sont les derniers hommes vraiment libres de la planête. Un organisme brésilien de soutien aux Indiens, la FUNAI a le devoir de les protéger.
 

Malaisie (Asie du sud-est)

Les Penan de la région du Sarawak, sur l'île de Bornéo, luttent pour faire stopper la destruction de leur forêt par les grandes compagnies avides de bois précieux. Il s'agit d'une forêt primaire, c'est à dire qui n'a pas encore été endommagée par l'homme. Plus de la moitié des forêts du Sarawak a déjà disparu.

Papouasie (Océanie)

Deux Papous qui avaient brandi le drapeau de leur peuple le jour de l'Indépendance papoue, le 1er décembre 2004, ont été condamnés chacun à 15 et 10 ans de prison. 
6 500 Papous ont dû fuir leurs villages pour échapper aux attaques de l'armée indonésienne. Des gens ont été massacrés, des villages incendiés et des récoltes détruites. Les familles se cachent en forêt où elles manquent de tout. Elles n'osent pas revenir chez elles de peur de nouvelles attaques.