40 ans de Survival, grippe A, Maasaï

Novembre 2009

 

Anniversaire : Survival fête ses 40 ans !

En 1969, premiers pas sur la Lune... et la même année, on apprenait par un journal anglais que les Indiens d'Amazonie étaient victimes d'un génocide. Un groupe de gens décida de créer une association pour défendre ces populations et assurer leur avenir. C'est ainsi qu'est né Survival.

Brésil, Pérou, Colombie, Paraguay et, plus loin, Papouasie : les peuples indigènes commencèrent alors à lutter avec le soutien de Survival pour faire reconnaître leurs droits sur les terres qu'ils occupent depuis la nuit des temps. Ainsi des projets gigantesques qui devaient détruire leurs territoires ont dûs être abandonnés par les grandes compagnies.

Mais sur ces terres, la déforestation continue, dans le but de développer l'agriculture et l'élévage industriels, d'exploiter pétrole, bois, minerais, etc. Survival doit continuer à veiller et à dénoncer les menaces et les injustices et qui pèsent sur les populations indigènes.

40 ans de lutte : quelques progrès, mais il reste beaucoup à faire. L'ONU a proclamé le droit des peuples indigènes à vivre chez eux, mais en pratique ce droit fondamental a bien du mal à être respecté, et tous les jours des violences envers des communautés montrent qu'il faut rester vigilant et se mobiliser pour aider les plus vulnérables à se faire entendre.

 

Grippe A

Les premiers cas de grippe A viennent d'être déclarés chez des Indiens d'Amazonie et on a annoncé que 7 Indiens matsigenka, qui vivent le long du rio Urubamba en Amazonie péruvienne, sont atteints par le virus. Les experts craignent de plus en plus une contagion dévastatrice parmi des peuples qui n'ont aucune immunité contre les maladies venues de l'extérieur. Des communautés entières pourraient alors disparaître.

 

Jeune Indienne de la forêt amazonienneJeune Indienne de la forêt amazonienne

© 2000-Fiona Watson/Survival

 

Les peuples indigènes à travers le monde sont particulièrement vulnérables à la grippe A à cause de leur faible immunité face aux microbes étrangers et de leur taux élevé de maladies telles que le diabète ou les problèmes cardiaques.

En Australie, près d'un Aborigène sur 10 meurt de la grippe A, alors que leur espérance de vie est déjà de 15 à 20 ans inférieure à celle des non-Aborigènes. Au Canada, le taux d'infection parmi les communautés indigènes au Manitoba est 5 fois plus élevé que dans le reste de la population.

Les peuples isolés à travers le monde sont déjà confrontés aux bûcherons illégaux et aux fermiers ainsi qu'aux braconniers et aux touristes qui empiètent sur leurs territoires et leur transmettent des maladies contre lesquelles ils n'ont aucune immunité. En période de pandémie, il est encore plus urgent de reconnaître et protéger leurs droits territoriaux avant qu'il ne soit trop tard.

 

Tanzanie

Huit villages maasaï en Tanzanie ont été entièrement incendiés par les forces de police, laissant 3 000 personnes sans nourriture, sans eau et sans abri. Leur but était d'expulser ces Maasaï de leur terre ancestrale afin de créer une réserve de gibier pour les touristes.

 

Jeune fille maasaïJeune fille maasaï

© Adrian Arbib/ Survival

 

Un Maasai a déclaré : "Aujourd'hui, notre terre nous est volée pour pouvoir investir dans la chasse touristique de luxe." Une compagnie organise des safaris privés au nord de la Tanzanie dans une région qui est traditionnellement un territoire maasai. La concession de chasse réduit considérablement l'accès de ces terres aux Maasai qui ne peuvent plus y faire paître leur bétail.

Ces récents événements montrent que la situation est devenue critique. Des menaces anonymes ont été reçues par des chefs de communautés maasaï. Les incendies de villages ont maintenant cessé, mais dès qu'un Maasai fait paître son bétail dans la zone de chasse, il est arrêté. Cinq personnes ont déjà été jugées sans avoir pu être défendues par un avocat et ont été emprisonnées pendant 6 mois.