Bushmen, Indiens du Pérou, Yanomami

Juin 2009

 

Botswana

Le gouvernement botswanais a envoyé des policiers dans la réserve du Kalahari central (CKGR) pour confisquer les troupeaux de chèvres des Bushmen qui étaient retournés sur leurs terres ancestrales. Pourtant, les vétérinaires avaient assuré que les animaux étaient en bonne santé. Les chèvres constituent la principale ressource alimentaire des Bushmen, particulièrement durant la saison sèche. Cette ressource est d’autant plus indispensable que le gouvernement a condamné leur unique puits d’eau.

 

Jeunes Bushmen jouant, BotswanaJeunes Bushmen jouant, Botswana

© Stephen Corry/Survival

 

"Nous pensions que le litige avec le gouvernement allait se résoudre. L’attitude du gouvernement démontre qu’il n’y a pas de négociation possible. Nous, les Bushmen, faisons appel à la nation botswanaise et déclarons le début des hostilités entre les Bushmen de la CKGR et le gouvernement. Depuis deux ans, nous essayons en vain de discuter avec lui", a dit Jumanda, porte-parole de l’organisation First People of the Kalahari.

 

Pérou

Au début de juin 2009, de violents affrontements ont opposé des manifestants indiens à la police près de la ville de Bagua, au nord du Pérou, et l'on a compté de nombreuses victimes dans les deux camps : selon les chiffres officiels, une dizaine d'Indiens ont été tués, mais les organisations indigènes estiment que le nombre des victimes est beaucoup plus élevé. Le président du Pérou, Alan Garcia, avait qualifié les manifestants indiens de "sauvages", "barbares", "ignorants" et "citoyens de seconde classe".

Les Indiens, pour protester contre l'ouverture de leurs territoires aux compagnies pétrolières, avaient installé des barrages sur des rivières et des routes pour stopper le trafic de l’industrie pétrolière.

Après ces violences, le Congrès péruvien a finalement annulé les deux décrets qui affaiblissaient les droits des Indiens et facilitaient le contrôle de leurs territoires par les compagnies étrangères. L'organisation des Indiens d'Amazonie péruvienne a annoncé que cette décision du gouvernement était "historique". "Notre lutte et les vies de nos frères et sœurs indigènes n'ont pas été vaines... Cela montre que notre combat est juste et que personne ne nous manipule."

Le président Alan Garcia a admis que ces décrets avaient été adoptés sans avoir consulté les habitants indigènes de l'Amazonie et que le gouvernement avait commis une "succession d'erreurs" dans sa manière de réagir aux manifestations.

 

Brésil

Un chamane yanomami, Davi Kopenawa, surnommé le "Dalaï Lama de l'Amazonie", a effectué une tournée en Europe pour apporter un message aux chefs d’Etat du monde entier qui doivent participer à la conférence sur le changement climatique de Copenhague en décembre 2009.

 

Davi Kopenawa avec ses enfants à WatorikiDavi Kopenawa avec ses enfants à Watoriki

© JP Razon/Survival

 

A propos des manifestations au Pérou, Davi a pris leur défense :

"Je suis un Yanomami et je voudrais attirer l'attention sur cette tragédie. Nous aussi, les Yanomami, souffrons du même problème, celui des Blancs qui veulent s'emparer des richesses de la terre, et pour cela, tuent. Les Indiens du Pérou se battent pour leurs droits et pour pouvoir vivre sur leurs propres terres. Ils y vivent depuis des milliers d'années. Ils y sont nés, y ont grandi, l'ont préservée et l'ont cultivée. Les Blancs ne savent qu'employer la violence contre les Indiens. Ils ne se rendent pas compte que nous, les Indiens, n'avons jamais rien volé, que nous ne nous sommes jamais emparés de leurs terres ou de leurs biens."

"La terre n'a pas de prix. Elle ne peut être ni achetée, ni vendue, ni échangée. Il est de la plus haute importance que tous les peuples du monde, qu’ils soient blancs, noirs ou indigènes, s’unissent pour sauver les forêts et la planète. Si nous ne nous luttons pas tous ensemble, quel sera notre avenir ? Vos enfants ont besoin de terre et d’une nature vivante et intacte. Vous avez beaucoup à apprendre de nous et de nos chamanes. Cela ne concerne pas seulement l’avenir des Yanomami, mais celui du monde entier".

 

Pour mieux comprendre les raisons des manifestations au Pérou et pour mieux connaître Davi Kopenawa, tu peux lire notre dossier "Ruée vers l'or noir et l'or vert en Amazonie" et l'article de mars 2005 "Yanomami, l'esprit de la forêt".