Jarawa, Onge, Bushmen, Makuxi

Décembre 2008

 

Inde, îles Andaman

Conflit mortel chez les Jarawa

Un membre de la tribu jarawa a disparu et on pense qu'il est mort suite à un conflit avec un groupe de braconniers qui pêchaient illégalement dans le territoire jarawa.

Le 19 novembre dernier, Hotelle, un jeune Jarawa, a été violemment frappé lors du conflit. Il a été vu pour la dernière fois alors qu’il avait sauté dans l’eau pour tenter d’échapper aux braconniers et qu’il luttait contre eux pour rester à la surface. L’un des pêcheurs a également été tué par des flèches jarawa. Lorsque les Jarawa leur ont demandé une partie du poisson pêché dans leur réserve, les braconniers leur ont lancé de l'eau bouillante et les ont frappés à coups de bâtons, déclenchant le conflit.

L'invasion du territoire jarawa par les braconniers constitue une grave menace pour cette tribu qui n’a que de très rares contacts avec le monde extérieur depuis 1998. Non seulement les braconniers risquent de leur transmettre des "maladies du contact", mais ils épuisent les ressources naturelles dont la tribu dépend. L'accès à la réserve est illégal, pourtant le braconnage y est aujourd'hui très courant.

Le gouvernement indien doit absolument tout faire pour éloigner les braconniers du territoire où les Jarawa chassent et pêchent depuis plus de 60 000 ans. Il y a déjà eu deux morts et ce sont deux morts de trop.

 

Pêcheurs jarawaPêcheurs jarawa

© Survival

 

  

Tragédie chez les Onge

8 membres de la tribu Onge sont morts et 15 autres ont été transportés à l'hôpital après avoir ingurgité le liquide d’un récipient que la mer avait rejeté sur le rivage.

On ne dénombrait plus d'une centaine d'Onge avant cette tragédie et c’est l’existence même du groupe qui est désormais en péril. En effet, ils ont été décimés durant la colonisation britannique au XIXe siècle. En 1900, ils n'étaient plus que 670. Ils viennent maintenant de subir une lourde perte : 10 % de leur population, l’équivalent de 6 millions de personnes sur les 60 millions que compte la France.

Il est fort probable que les Onge ont cru que ce récipient en plastique contenait de l'alcool. Bien qu'ils continuent à chasser et pêcher, ils sont devenus dépendants des rations alimentaires qui leur sont distribuées par le gouvernement, et certains sont devenus alcooliques par désespoir.

En revanche, les deux tribus les plus isolées de ces îles, les Jarawa et les Sentinele, sont toujours autosuffisants.

 

Botswana : de l'eau pour les diamants et pas pour les Bushmen

Le gouvernement botswanais a accordé à une compagnie l’autorisation d’exploiter une mine de diamants en territoire bushman dans le désert du Kalahari à condition que celle-ci ne fournisse pas d'eau aux Bushmen. Le gouvernement s'est cependant gardé le droit d'utiliser les puits d'eau pour la faune et la flore.

 

Enfants bushmenEnfants bushmen

© Survival

 

Des experts se sont rendus chez les Bushmen au début de l’année, soi-disant pour recueillir leur avis sur le projet minier. Mais le manque d'information dont ils disposent ne leur permet pas de donner un avis. Ils ne savent même pas qu'ils n'auront pas accès aux sources d'eau destinées à l'exploitation des diamants.

 

Brésil : grande victoire pour les Indiens d'Amazonie

Les représentants indiens ont accueilli comme une grande victoire le verdict rendu par la Cour Suprême du Brésil, le jour-même où se célèbrait le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Ce jugement porte sur le territoire indigène de Raposa-Serra do Sol, "Terre du renard et montagne du soleil". Un groupe de fermiers installé là refusait de quitter la région alors que le territoire avait été officiellement reconnu comme territoire indigène en 2005. Depuis, ils mènent une violente campagne de résistance à l'encontre des Indiens pour ne pas être expulsés de ces terres.

Jacir José de Souza, chef makuxi, a déclaré : "La terre est notre Mère. Nous nous réjouissons que [notre terre] nous ait été restituée et que la Cour Suprême se soit portée en faveur des peuples indigènes". Les Indiens de Raposa-Serra do Sol étaient conscients que la perte de leurs terres aurait détruit leur mode de vie.

Le gouvernement brésilien doit maintenant faire en sorte que les fermiers quittent le territoire et cessent leur campagne de terreur. Il doit également garantir les droits territoriaux de tous les Indiens du Brésil.