Indiens isolés, biocarburant

Septembre 2008

 

Pérou et Brésil

Les Indiens du Brésil ont vivement critiqué le projet de prospection pétrolière d’une compagnie brésilienne sur le territoire d’Indiens isolés au Pérou. Cette prospection oblige ces derniers à fuir et les repousse vers le Brésil, sur des territoires occupés par d'autres communautés isolées, ce qui pourrait déclencher des conflits.

 

Indiens isolés tirant à l'arc sur l'avion qui survole leur campIndiens isolés tirant à l'arc sur l'avion qui survole leur camp

© Survival

 

"Nous condamnons fermement... la compagnie brésilienne Petrobras, ... son intention de prospecter du pétrole et du gaz dans une concession de la région du rio Yurua au Pérou où vivent des communautés indigènes et des Indiens isolés", déclare l’organisation indigène brésilienne APIWTXA, basée à proximité de la frontière péruvienne. Petrobras est une compagnie pétrolière et gazière contrôlée par l’Etat brésilien.

La future zone de prospection comprend la majeure partie de la réserve Murunahua qui a été créée en 1997 exclusivement pour des Indiens isolés du Pérou.

APIWTXA rejette également la politique de développement menée par le Pérou dans la région du rio Yurua, car elle autorise une exploitation forestière qui a déjà provoqué l’invasion des réserves d’Indiens isolés, des contacts inévitables souvent mortels et la migration forcée de certains d’entre eux.

 

La demande mondiale en biocarburant menace les peuples indigènes

Le boom mondial du biocarburant n’a pas seulement de graves conséquences sur l’environnement, la hausse du prix des aliments ou la survie des orang-outans. Il est aussi dévastateur pour les peuples indigènes. Les compagnies qui en produisent ont réellement la volonté de se débarrasser des peuples indigènes afin d’accaparer leurs terres. Les modes de vie de nombreuses communautés indigènes du monde entier sont mises en péril.

Le palmier à huile est la plus dévastatrice des plantes utilisées pour produire du biocarburant, mais la canne à sucre, le soja, le maïs, le manioc et la jatropha, une plante d’Amérique centrale, sont également utilisés pour en produire.

En Malaisie, plusieurs millions d'autochtones sont déjà affectés par de telles plantations, tout comme en Indonésie, où plus de 6 millions d’hectares ont été plantés, principalement en territoire indigène.

En Colombie, des milliers de familles, la plupart indigènes, ont été violemment expulsées de leur terre. Le pays se prépare à planter 6,3 millions d’hectares, ce qui affectera plus de 100 communautés indigènes.

L’Indonésie a annoncé qu’un projet de plantation à Bornéo impliquera le déplacement de près de 5 millions d'autochtones et qu’en Papouasie 5 millions d’hectares, en majeure partie sur des terres indigènes, ont été réservés à la plantation de palmiers à huile.

En Inde, le gouvernement projette de consacrer 13,5 millions d’hectares d’une terre qu’il considère comme vide mais dont la majeure partie est habitée par des peuples indigènes.

Au Brésil, les biocarburants connaissent un véritable succès et la culture du soja ne cesse de s'étendre, repoussant les Indiens.