Indiens isolés, Aborigènes

Juin 2008

 

Brésil : des Indiens inconnus ?

Des Indiens parmi les derniers groupes isolés du monde ont été repérés et photographiés par avion près de la frontière entre le Pérou et le Brésil. Ces photos ont été prises au cours de plusieurs survols d'une zone très reculée de la forêt amazonienne dans l'Etat de l'Acre au Brésil.

 

Village d'indiens isolés au Brésil, photographiés d'avionVillage d'indiens isolés au Brésil, photographiés d'avion

© FUNAI

 

"Nous avons effectué ces survols pour montrer leurs maisons, pour montrer qu'ils sont là, pour montrer qu'ils existent", a déclaré un expert chargé des Indiens isolés pour la FUNAI. "C'est très important car certains doutent de leur existence".

Au Pérou, de l'autre côté de la frontière, d'autres groupes d'Indiens isolés sont gravement menacés par les grandes compagnies d'exploitation de bois et de pétrole. Ces activités les poussent à fuir et à passer la frontière, ce qui pourrait déclencher des conflits avec les quelque 500 Indiens isolés qui vivent déjà du côté brésilien.

"Ce qui se passe actuellement dans la région [au Pérou] est un immense crime contre le monde naturel, les Indiens, la faune ; c’est un témoignage de plus sur la manière complètement [irréfléchie] selon laquelle nous, les "civilisés", nous gérons le monde", dénonce cet expert.

 

Les Indiens, surpris, visent l'hélicoptère de leurs flèchesLes Indiens, surpris, visent l'hélicoptère de leurs flèches

© FUNAI

 

Ces photos, publiées en première page des journaux de nombreux pays le 30 mai 2008, ont soulevé l'indignation. En quelques jours, plus de 1 300 lettres ont été envoyées au gouvernement péruvien pour lui demander de mettre fin à l'exploitation de la forêt qui menace les Indiens isolés de cette région. Le gouvernement péruvien a annoncé qu'il ouvrirait une enquête sur ce sujet.

On estime que plus d'une centaine de peuples vivent de manière isolée dans le monde, dont plus de la moitié au Brésil et au Pérou. Tous sont gravement menacés par la spoliation de leurs terres et les maladies du contact qui peuvent les décimer.

 

Australie : suite des nouvelles de janvier 2006

Bref rappel des faits :

Nidala Barker, une jeune Aborigène de 12 ans, avait écrit au premier ministre australien pour lui dire son indignation : "(...) le 19 novembre 2004 Mulrunji a été assassiné dans une cellule à Palm Island. Sa mort a été longue et douloureuse. Le sergent Hurley aurait pu le sauver, mais il ne l’a pas fait. Je trouve cela inadmissible. J’ai vu comment sont traités les Aborigènes, c’est terrible, il n’y a pas de justice pour eux."

Après deux années d'enquête et grâce à une longue campagne, le sergent Hurley a été déclaré responsable de cette mort. Finalement, ce policier n'a pas été jugé coupable, mais ce sont ceux qui ont contribué au mouvement de soutien à Mulrunji qui risquent la prison. Lex Wotton, Aborigène de Palm Island, est accusé d'être le meneur de la rébellion qui avait suivi la mort de Mulrunji. Il sera jugé en septembre 2008.

 

Article rédigé à partir de l'ouvrage Guerriers pour la paix de Barbara Glowczewski (éditions Indigène 2007).