Papous, Guarani, Penan, Indiens isolés

Janvier 2008

 

Indonésie (Papouasie occidentale)

Sabar Iwanggin, un avocat qui avait assuré la défense d'étudiants papous arrêtés en 2006 après avoir manifesté contre le régime indonésien, a été arrêté et interrogé par la police. Sabar Iwanggin serait accusé d'avoir reçu et retransmis un SMS insultant envers le président indonésien.

Les militants des droits de l'homme ont du mal à comprendre pourquoi l'intervention de 30 policiers a été nécessaire pour arrêter un homme ayant envoyé un SMS. Me Iwanggin travaille pour une organisation des droits de l'homme réputée, dont le personnel est fréquemment menacé de mort. Survival est préoccupé du sort de Sabar Iwanggin ainsi que de la sécurité de tous ceux qui luttent en faveur des droits des peuples indigènes de Papouasie occidentale.

 

Brésil : des Indiens guarani blessés par des éleveurs de bétail

Quatre Indiens guarani ont été blessés par balles au cours d’un conflit qui les ont opposés à des éleveurs occupant leur territoire dans l'Etat du Mato Grosso do Sul.

Un groupe d'une centaine d'Indiens s’était réinstallé le 15 novembre dernier à Kurusu Mba (le site de la croix) et avait commencé à y construire des abris sous l’œil des gardes de sécurité placés là par les riches éleveurs de bétail. Mais deux jours plus tard, la communauté entière a été expulsée et renvoyée dans des camions sur le petit terrain qu’ils occupaient auparavant.

Les Guarani de Kurusu Mba avaient déjà tenté de réoccuper leur territoire en janvier 2007. Ils en avaient été expulsés et leur chef religieux, Kuretê Lopez, avait été assassiné par les gardes de sécurité. En juillet, un autre chef, Ortiz Lopes, avait également été abattu devant sa maison. Sa veuve avait alors rapporté que le tueur avait dit à son mari : « Les éleveurs m’ont envoyé régler ton compte ». L’une des quatre Guarani blessés samedi, Angélica Barrios, âgée de 22 ans, est toujours hospitalisée.

 

Mais aussi : victoire pour une autre communauté guarani !

En d'autres lieux, la situation des Guarani peut aussi s'améliorer. En récupérant leur territoire après des années de lutte, les 200 membres d’une communauté guarani-kaiowá ont réalisé, en juin dernier, leur rêve millénaire d’ouvrir les portes de Sucurity, la terre de leurs ancêtres. Après leur expulsion par des éleveurs de bétail, les Indiens de cette communauté ont campé pendant des années sous des bâches le long d’une route, survivant grâce à la vente d’artisanat.

En janvier dernier, un juge a finalement ordonné aux fermiers de quitter le territoire. Comme l’a expliqué Mario Toriba, un Kaiowá, « Si vous tuez une fourmi, il en viendra d’autres se faire tuer. Nous les Indiens sommes comme cela ». Les champs de maïs ont aujourd’hui remplacé les plantations de soja des grands fermiers et les Guarani se reconstruisent, en sûreté, sur leur propre territoire.

 

Malaisie : les Penan face aux exploitants de bois

Un conflit oppose depuis longtemps l'entreprise Samling, le géant de l'exploitation du bois, aux Penan, un peuple nomade du Sarawak.

"Les Penan n'ont aucun droit sur la forêt" a déclaré James Ho, un dirigeant de Samling.

 

Enfant penanEnfant penan

 

Depuis plus de 20 ans, les Penan bloquent des routes pour empêcher les bûcherons de détruire leur forêt. Leurs barricades sont sans cesse détruites par la police. Les Penan en ont érigé une nouvelle en juillet.

Selon les lois malaisiennes et internationales, les Penan doivent être consultés avant toute exploitation forestière sur leur territoire. La Malaisie a voté en faveur de la Déclaration des droits des peuples indigènes adoptée par l'Assemblée générale des Nations-Unies le 13 septembre 2007 (voir l'article : Leurs droits enfin reconnus).

Le gouvernement malaisien soutient depuis bien trop longtemps les compagnies d'exploitation forestière face aux Penan, en contradiction avec ses propres lois. Espérons que plus aucune exploitation forestière n’aura lieu contre la volonté des Penan.

 

Pérou : "Ils existent" - des Indiens isolés repérés par avion

21 Indiens isolés ont été repérés au cours du survol aérien de l'une des régions les plus reculées d’Amazonie péruvienne. Leur territoire est actuellement la cible de bûcherons illégaux. Ils ont été aperçus sur les berges de la rivière Las Piedras, au sud-est de l’Amazonie péruvienne. Ils étaient sortis de leur campement situé sur la plage pour observer l'avion de l'Agence péruvienne pour l'environnement. Lors du second passage de l'avion, une Indienne, armée de flèches et accompagnée d'un jeune enfant, a eu des gestes agressifs envers l'appareil tandis que le reste du groupe s’était réfugié dans les sous-bois.

 

Camp des Indiens machu-piro vu d'avionCamp des Indiens machu-piro vu d'avion

 

"Il s'agit là d’une preuve évidente de leur existence", a déclaré l'AIDESEP, l'organisation nationale des peuples indigènes du Pérou. "Les Indiens isolés existent. Si nous n'agissons pas maintenant, demain il sera sans doute déjà trop tard".

On estime que 15 groupes d’Indiens isolés vivent au Pérou, tous menacés de disparition par l’exploration pétrolière et la déforestation illégale. N’étant pas immunisés contre les maladies importées de l'extérieur, les Indiens sont particulièrement vulnérables à toute forme de contact, même bref.