Le monde rénové des Maya

Janvier 2013

 

On a beaucoup parlé d’apocalypse le mois dernier : selon une soi-disant prophétie maya, popularisée par un film américain, la fin des temps aurait dû avoir lieu le 21 décembre 2012. Non seulement tout le monde a pu constater que rien de catastrophique ne s’est passé ce jour-là, mais il se trouve que les Maya n’ont jamais rien dit de tel.

Pour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé le 21 décembre, il faut savoir que la vie des Maya est traditionnellement structurée par deux calendriers. Le premier est le tzolkin, à caractère divinatoire et religieux, composé de 20 mois de 13 jours chacun. Le deuxième est le haab, à caractère civil ; ce calendrier comporte 18 mois (uinal) de 20 jours chacun, plus 5 jours additionnels nommés uayeb. Ces deux calendriers se synchronisent toutes les 52 années solaires (18 980 jours). Enfin, il existe un « compte long » permettant de faire le lien entre le haab et le tzolkin et d'établir la position d'un événement historique donné dans les deux calendriers. Ce système complexe demeure valide pour des millions de Maya vivant actuellement au Guatemala, au Honduras, au Salvador, au Belize et au Chiapas (sud du Mexique).

A chaque jour correspond un numéro de 1 à 13 (représentant à la fois une unité de temps et l’intensité servant à l’interprétation spirituelle) et un symbole nommé nahual (représentant à la fois un mois et une forme d’énergie prédominante). A l’inverse de notre calendrier, le calendrier haab maya ne suit pas une logique linéaire, mais cyclique. Ainsi, 13 jours consécutifs présenteront 13 nahuals différents. Dans notre calendrier, au 1er janvier succède le 2 janvier. Dans le calendrier maya, au 1 tz’inkin succédera le 2 I’x... La mesure cyclique du temps en comptes larges, liant intensités (nombres) et énergies (symboles), permet d’attribuer un caractère unique et une interprétation à chaque jour.

 

Source : Collectif GuatemalaSource : Collectif Guatemala

 

Le cycle initial se répète jusqu’à créer des cycles plus longs permettant des projections sur plusieurs milliers d’années :

-          Un Winak = 20 jours.

-          Un Tun = 18 winaks, soit un an.

-          Un K’atun = 20 Tun ou 20 ans.

-          Un B’ak’tun = 20 K’atun soit 400 ans.

-          Un Oxlajuj B’ak’un = 13 cycles B’ak’tun soit 5200 ans.

 

Le 20 décembre 2012 a ainsi marqué la fin du 13e B'ak’tun, un cycle de 144 000 jours, et le dernier jour du premier Oxlajuj Ba’k’tun. Ce n’est pas rien ; mais cela n’a aucun rapport avec la fin des temps. Il s’agit de la fin d’un cycle, et rien n'indique qu'un 14e B'ak'tun soit impossible. En effet, la vision du monde des Maya n'envisage pas de fin des temps : ce qui s’achève recommence d'une manière ou d'une autre. La fin du monde est surtout une idée chrétienne, qui s’exprime par exemple dans l'Apocalypse de Saint-Jean.

Les guides religieux maya considèrent le changement de cycle comme le commencement d’une nouvelle ère spirituelle, politique et sociale, comme le temps de la prise de responsabilité de l’homme face à la nature, à travers le réveil du peuple. « Avant tout, cette nouvelle ère signifie un changement de mentalité humaine, comme l’engendrement d’une nouvelle génération, plus intelligente et respectueuse », dit un conseiller de l’association maya Oxlajuj Ajpop.

Cet événement est donc avant tout un message d’espoir pour les peuples indigènes et tous ceux qui les soutiennent.

 

Sources : Collectif Guatemala*, Courrier International, Wikipédia (article "Calendrier maya").

 

*Le Collectif Guatemala est une association à but non-lucratif dont l’objectif est le soutien aux organisations de droits humains et au mouvement social et indigène guatémaltèques dans leurs efforts pour construire un État de droit. Ses grands axes d’intervention sont la sensibilisation et l'information du public français, l'appui aux organisations de la société civile guatémaltèque avec l'accompagnement protecteur non-violent et l'envoi de volontaires sur le terrain.