Menaces sur Nanuk

Décembre 2005

 

Nanuk est-il en danger de mort ? C'est de l'ours polaire qu'il s'agit, nanuk en inuktitut, la langue inuit. Actuellement, l'ours blanc ne fait pas partie des animaux en voie de disparition, mais deux menaces pèsent sur lui : le réchauffement de la planète qui fait fondre la banquise, son terrain de chasse. L'autre menace vient des chasseurs. Au Groenland, seuls les chasseurs professionnels inuit ont le droit de chasser les ours, sauf les mères accompagnées de leurs petits.

Comme la banquise se rétrécit, l'ours doit poursuivre les phoques à la nage plutôt qu'à la course, et cela lui est plus difficile. Il se nourrit donc moins bien et maigrit. On a vu des ours tout maigres rôder autour des villages. Les mères sous-alimentées ont plus de mal à mettre au monde des oursons.

 

© Catherine Reisser, Laurence Quentin (in Les terres de glace, coll. Baluchon, ed. Nathan 2005)

 

Le Canada est le seul pays où la chasse à l'ours sportive est autorisée, mais extrêmement contrôlée. Si le Groenland fait de même et commence à faire venir des touristes pour chasser, certains s'inquiètent pour la survie de l'espèce. Les Inuit du nord groenlandais tuent en moyenne 6 ours par an et revendent les peaux pour gagner un peu d'argent. Certains voudraient organiser des safaris à l'ours pour des clients étrangers riches qui seraient fiers de rentrer chez eux en emportant leur trophée, et qui sont prêts à payer très cher. On dit même que deux ours chassés ainsi rapporteraient plus au chasseur inuit qui organise le safari que la vente de six peaux. Une chasse coûterait 13 500 euros au client, alors qu'un Inuit vend une peau en moyenne 1 350 euros. A ce prix-là, il a du mal à faire vivre toute sa famille.

Son principal gibier était traditionnellement le phoque, mais depuis que l'abattage des phoques a été violemment condamné par les protecteurs de la nature, il a du mal à trouver des acheteurs pour ses peaux, et le prix de celles-ci a beaucoup baissé.

Avant d'autoriser ces safaris, les défenseurs de l'environnement demandent que l'on recense le nombre de nanuks et qu'on précise combien d'abattages seront autorisés. Quant aux Inuit du nord du Groenland, ils ont besoin de trouver de nouveaux revenus. Ils sont parmi les premières victimes du réchauffement climatique qui met en péril leur mode de vie et qui les appauvrit.

 

D'après Le Monde des 16 et 19/11/2004, Courrier International du 3/3/2005, Libération du 7/2/2005.