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L'Amazonie brésilienne
Juin 2005
L'Amazonie brésilienneL’Amazonie est une vaste région couverte de forêts, grande comme 14 fois la France. Elle est traversée par le fleuve Amazone, le deuxième du monde après le Nil. Elle s'étend sur plusieurs pays, dont le Brésil. Environ 220 peuples indigènes vivent en Amazonie brésilienne, ce qui représente près de 400 000 personnes qui parlent 140 langues différentes. Les Indiens (ou Amérindiens) étaient probablement 5 millions avant l'arrivée des Européens et ont été victimes des massacres, des maladies et de l'esclavage pendant 5 siècles. Certains se sont enfoncés dans la forêt, loin du fleuve, pour échapper à ces malheurs La FUNAI est un organisme qui a été créé pour les protéger des dangers extérieurs et les aider à défendre leurs terres. 1/6 de la forêt a déjà été réduite en fumée. On peut même acheter sur internet des morceaux de forêt amazonienne à 0,33 euros l'hectare ! Le président du Brésil, élu en 2003, Ignacio Lula da Silva, a déja rendu plusieurs territoires aux Indiens, mais il est très difficile d'en faire partir les colons qui y sont installés depuis longtemps, surtout dans une région éloignée de tout, difficile à surveiller.
© 1980 Victor Englebert/Survival
Des Indiens dans la villeLe 30 mai 2005, un groupe d'Indiens kayapo est venu nous rendre visite dans nos bureaux à Survival. Ils étaient invités en France à l'occasion de l'année du Brésil (voir au bas de cette page). Ils étaient six hommes, et deux femmes un peu frigorifiées. Il y avait un chamane, un cinéaste, un professeur, un étudiant, un guerrier et un chef. Tous les hommes, sauf le chamane, savaient parler portugais (la langue officielle du Brésil). Pour les Indiens, protéger la forêt, c'est préserver une pharmacie précieuse : les Kayapo connaissent beaucoup de plantes médicinales : Sucupira, Copaiba, Urucum et contre-poisons... Les Kayapo pensent qu'un remède contre le SIDA se trouverait dans la grande forêt amazonienne. Ils souhaitent développer un projet de laboratoire botanique où les Indiens, les chercheurs, le gouvernement et les Universités travaillent ensemble. Il faut commencer par protéger le savoir des chamanes en signant un contrat qui reconnaisse qu'ils sont propriétaires de la connaissance qu'ils ont des plantes. C'est important pour lutter contre la biopiraterie, c'est-à-dire le vol de ces richesses et de ces savoirs. Nous leur avons donné des conseils sur la manière de s'organiser. Il est très important que toutes les communautés kayapo soient unies pour demander ensemble au gouvernement du Brésil de les aider. Nous leur avons donné l'exemple des Indiens Yanomami qui ont obtenu depuis déjà plusieurs années de l'argent pour des écoles et des centres médicaux grâce à leur chef Davi qui a su rassembler tout son peuple autour de lui. On leur a aussi donné l'exemple des Satéré Mawé qui produisent et vendent le guarana. Ils sont repartis au Brésil avec l'intention d’organiser des rencontres entre chefs des différentes communautés kayapo pour réfléchir ensemble à des projets qui leur apportent à tous une vie meilleure.
Une boisson sacrée et secrètePour les Indiens Satéré Mawé, le guarana est une plante sacrée dont ils font une boisson traditionnellement offerte à l'occasion des fêtes entre villages. C'est un aliment qui apporte sagesse et sécurité. La légende raconte que le fruit mûr du guarana ressemble à l'œil du nouveau-né qui fut le premier Satéré, leur ancêtre à tous. Ce sont les abeilles qui transportent le pollen à l’intérieur des fleurs de guarana. La plante donne un fruit dont le noyau est séché au soleil, puis râpé. En France, il est vendu en poudre à diluer dans l'eau pour faire une boisson qui donne de l'énergie et aide à lutter contre la maladie. Obadias, le chef des Satéré Mawé explique : 'Grâce à la vente du guarana naturel, celui qui est produit par nous, les Satéré, notre communauté peut lutter contre les grandes compagnies qui veulent rechercher du pétrole dans la région. Cette culture biologique aide à la fois à protéger la biodiversité de la forêt et nous aide à préserver leur culture et leurs ressources'. 3 500 Indiens ont trouvé du travail grâce au guarana : les métiers qui ont un rapport avec la fabrication et la vente du guarana sont variés : certains travaillent à reboiser la forêt en plantant des arbres; d'autres ont pu acheter du matériel d'apiculture et produisent du miel; d'autres trient les ordures et récupèrent les piles usagées et le plastique pour les recycler.
Petites nouvelles d'Amazonie
Dossier réalisé à partir des informations collectées sur place par Survival, et d'extraits d'articles de Libération, Le Monde, Courrier International et Mon Quotidien de mars, avril et mai 2005. |