Des herbes si précieuses

Décembre 2005

 

La moitié des médicaments que nous utilisons sont fabriqués à partir de plantes et d'animaux de la forêt amazonienne.

  • Avec un seul tatou, on peut vacciner 2 500 personnes contre la lèpre.
  • Avec l'écorce du quinquina, on fait de la quinine qui soigne le paludisme, maladie tropicale provoquée par les piqûres de certains moustiques.
  • La résine obtenue à partir du virola soigne les maladies de la peau comme les mycoses.
  • Quant au fameux curare, poison fabriqué par les chasseurs pour paralyser le gibier, il est utilisé en chirurgie pour anesthésier. Les Indiens racontent que c'est en observant un aigle se faire les griffes sur l'écorce d'une liane avant de foncer sur sa proie qu'ils découvrirent le secret. Depuis, ils en enduisent la pointe de leurs flèches.

 

RECETTE DU CURARE

Râper l'écorce de la liane jusqu'à obtenir 3 kg de copeaux. Mélanger à un volume d'eau. Cuire à feu vif et laisser bouillir douze heures. Mélanger ce sirop avec des feuilles de palmier et du bois de pipéracées hâchés. Laisser macérer jusqu'à obtenir une pâte pas trop claire. On peut ajouter des têtes de serpents venimeux, de grosses fourmis ou des piments pilés. Pour tester la mixture, essayer sur un crapaud. Il doit être pétrifié avant d'avoir fait trois bonds. Chez nous, cela s'appelle du C40H50O2N4.

 

Il existe aussi des plantes magiques qui libèrent l'âme du corps et permettent à l'esprit de voyager librement dans des royaumes merveilleux où il rencontre ses ancêtres avant de "rentrer à la maison". Ce sont ces plantes qui permettent au chamane d'entrer en communication avec les esprits pour les chasser du corps du malade qu'il soigne.

Quand les chamanes récoltent ou cultivent les plantes médicinales, ils soufflent la fumée de leur cigarette sur la plante avant de la cueillir car les mauvais esprits n'aiment pas le tabac, tout comme les vampires n'aiment pas l'ail.

Cette connaissance des secrets de leur forêt qu'ont les Indiens constitue une richesse dont les grands laboratoires de nos pays essaient de profiter. C'est pour cette raison que les Indiens réclament des droits qui protègent leurs terres et aussi leur science, afin de pouvoir contrôler que leurs savoirs ne sont pas pillés par les grands laboratoires.

 

D'après le catalogue de l'exposition Rêves d'Amazonie à l'abbaye de Daoulas (printemps 2005) et Epok d'avril 2004.