Amazonie : état des lieux

Avril 2009

 

L'Amazonie est la plus grande forêt humide du monde. Elle couvre une surface grande comme 8 fois la France, au nord de l'Amérique latine, et forme un immense bassin traversé par le fleuve Amazone et des milliers de rivières. Elle s'étend sur 9 pays mais 60 % de sa superficie se trouve au Brésil.

 

 

Qui y vit ?

L'Amazonie n'est pas une jungle sauvage, vide et inexplorée. Elle est la terre ancestrale d'environ un million d'Indiens divisés en plus de 400 groupes distincts, qui ont leur propre langue, leurs propre culture et leurs propres territoires. Depuis cinq siècles, beaucoup d'entre eux ont eu des contacts avec le monde extérieur. D'autres – les Indiens "isolés" ou "non-contactés" – n'en ont plus du tout ou n'en ont jamais eus.

La plupart de ces groupes vit à l'ouest du bassin amazonien, en Bolivie, au Pérou, en Equateur et en Colombie. Mais, plus à l’est, au Brésil, vivent aussi 350 000 Indiens. Leur population varie de 60 000 personnes, comme les Ashaninka du Pérou, à seulement 6, comme les Akuntsu du Brésil.

 

Jeune fille yanomami d'Amazonie brésilienneJeune fille yanomami d'Amazonie brésilienne

 

Comment vivent-ils?

La grande majorité des Indiens d’Amazonie vit le long des cours d'eau. Ils défrichent des parcelles de forêt, près de leur village, où ils cultivent un grande variété de plantes et de fruits comestibles – manioc, maïs, bananes, haricots, agrumes... Ils chassent le gibier et pêchent, souvent à l'aide d'un poison naturel pour étourdir les poissons. Certains chasseurs ont aujourd'hui adopté le fusil mais beaucoup utilisent encore l'arc et les flèches, la lance et la sarbacane aux flèches imprégnées de curare.

Très peu de groupes sont encore nomades ou semi-nomades. Bien que certains d'entre eux cultivent de petits jardins, ils dépendent principalement de la chasse et de la cueillette pour se nourrir. Ces groupes vivent souvent dans un isolement volontaire, au plus profond de la forêt, loin des fleuves.

Aujourd’hui, de nombreux Indiens amazoniens ont accès à des services de santé et d'éducation qui fonctionnent généralement avec succès lorsqu'ils sont directement contrôlés par eux-mêmes. Ainsi les Shuar d'Equateur (ou Jivaro) ont mis en place leur propre système d'écoles.

 

Quels sont leurs problèmes?

Leurs problèmes sont liés à leur terre qui est envahie pour ses ressources naturelles. Ce fut d'abord l'exploitation de l'or, du caoutchouc et des bois rares et, aujourd'hui, ils sont aussi menacés par la prospection de pétrole et de gaz, la déforestation massive et le développement des grandes fermes d'élevage et de culture pour l'exportation.

Dans des pays comme le Pérou et la Colombie, les terres de nombreuses communautés indiennes ont officiellement été reconnues par l'Etat depuis longtemps, mais régulièrement les gouvernements et les grandes compagnies ne respectent pas les droits des Indiens sur ces territoires pourtant reconnus.

Des peuples entiers sont menacés de disparition. Ainsi, il ne reste plus aujourd'hui que 6 survivants de la tribu akuntsu du Brésil, les autres membres de leur groupe ayant été massacrés par des éleveurs. Ailleurs, en Colombie, les deux-tiers du groupe nomade nukak ont disparu 20 ans seulement après leur contact avec le monde extérieur.

 

Les peuples isolés

Les Indiens les plus vulnérables d'Amazonie sont ceux qui vivent sans contact avec le monde extérieur. La plupart des groupes isolés – environ 67 – vivent au Brésil et on en dénombre une quinzaine au Pérou. Nous connaissons également l'existence d'un groupe isolé en Equateur, d'un en Bolivie et de trois en Colombie.

Les problèmes auxquels ils sont confrontés sont pratiquement les mêmes que ceux des autres Indiens d'Amazonie, mais avec une différence importante : toute forme de contact peut leur être mortelle en raison de leur faible résistance aux maladies transmises par les étrangers. Ainsi, il est courant que la moitié d'un groupe meurt durant la première année du contact.

"Nous, les Indiens, sommes nés ici, nous y vivons, nous y travaillons et nous mourrons ici. Nous ne sommes pas comme ceux du dehors qui veulent tout détruire, qui veulent faire disparaître la forêt et ses richesses. Nous respectons la forêt", nous dit un Indien arakmbut d'Amazonie péruvienne.

 

Jeune Indien awa s'entrainant au tir à l'arcJeune Indien awa s'entrainant au tir à l'arc

 

Pour en savoir plus...

Pour aller plus loin sur l'Amazonie, tu trouveras sur ce site des dossiers :
- Ruée vers l'or noir et l'or vert en Amazonie
- Les peuples non-contactés
- L'Amazonie brésilienne

des articles :
- Indiennes, avocate et ministre (octobre 2008)
- Sous l'œil du satellite (octobre 2007)
- Leurs droits enfin reconnus (octobre 2007)
- Des cousins venus de la forêt (juillet 2007)
- L'homme dans le trou (mars 2007)
- Les Nukak survivront-ils ? (septembre 2006)
- Aventures en Amazonie (juin 2006)
- Vidéo dans les villages (décembre 2005)
- Yanomami, l'esprit de la forêt (mars 2005)

des pages Musée vivant :
- Les têtes réduites des Jivaro
- Photo d'une grande maison yanomami
- Un magnifique Orok des Indiens wayana du Brésil

Dans Nous le monde, tu peux faire la connaissance de Guiomar, petite fille yanomami avec qui tu pourras échanger des lettres fictives.