Aborigènes et célèbres

Janvier 2007

 

En septembre 2006, dans la grande salle de l'opéra de Sydney, en Australie, une cérémonie de remise de prix récompensait des Australiens aborigènes qui avaient réussi une carrière remarquable. Une top model, une sportive olympique et un acteur de cinéma sont la fierté du peuple aborigène.

 

 

Samantha Harris, 16 ans, a le teint mat et mesure 1,90m. Elle est devenue très vite top model, dès qu'un photographe de mode célèbre l'a remarquée dans un concours. Mais elle est aussi une élève de lycée qui compte bien passer son bac avant de partir faire carrière à New-York. Avec sa nombreuse famille, elle a vécu pauvre, comme beaucoup d'Aborigènes. Sa mère met tous ses espoirs dans la réussite de sa fille et espère que Samantha deviendra riche et "qu'elle aura tout ce que je n'ai pas eu", dit-elle. Quant à Samantha, quand on lui demande ce que ce succès lui fait, elle répond : "C'est bizarre, mais je crois vouloir devenir un modèle pour les filles aborigènes."

    

   

 

Né en 1953 à Arhem, dans les territoires du Nord-Ouest, David Gulpilil grandit selon un mode de vie tribal et devient acteur de cinéma. En 1969 dans Walkabout, il tient le rôle du guide qui fait traverser le désert à deux enfants dont le père vient d'être tué. Le visage rude de Gulpilil devient désormais célèbre. Mais il reste attaché à sa région, le désert australien, où il retourne vivre à intervalles réguliers avant de réapparaître au cinéma. Il tient un petit rôle dans L'étoffe des héros, est le comparse de Paul Hogan dans Crocodile Dundee et apparaît dans Jusqu'au bout du monde. Dans Le chemin de la liberté, il est le pisteur Moodoo, chargé de surveiller le camp dans lequel étaient enfermées les trois jeunes fugueuses. Pisteur, un rôle qu'il retrouve dans le dernier film de Rolf de Heer dont il est la vedette et qui est sorti le 13 décembre 2006 en France : 10 canoës, 150 lances et 3 épouses.

 

 

Née en 1973 à Mackay, Cathy Freeman fut le symbole des Jeux olympiques d'été de 2000 à Sydney. Elle fut choisie pour allumer la flamme olympique, signe du désir de réconcilier les Blancs et les Aborigènes. Lors du tour d'honneur pour sa victoire dans le 400 mètres, elle porta les deux drapeaux, australien et aborigène, geste exceptionnellement accepté par le comité olympique qui normalement interdit tout drapeau autre que les nationaux.

Lors des Jeux olympiques d'Atlanta (1996), elle termina seconde derrière la française Marie-José Perec. Elle incarna alors l'espoir de la population aborigène et reçut l'honneur d'allumer la flamme olympique.

L'année suivante, elle décida de prendre une année sabbatique. Elle revint difficilement à la compétition en 2002, devant faire face au cancer de son mari. Elle figura toutefois dans le relais 4x400 mètres australien qui gagna les Jeux du Commonwealth à Manchester. En 2003, elle décida de se retirer de la compétition.