A pied de l'Asie à l'Amérique

Septembre 2005

 

L'homme est apparu en Afrique de l'est il y a environ 200 000 ans, puis il a pris la route. Mais combien sont partis ? Quand, et dans quelle direction ?

 

Un grand projet scientifique américain, le programme Genographic, tente de répondre à ces questions. Il s'agit de récolter des échantillons d'ADN auprès de 100 000 personnes à travers la planète. Un gène est un morceau d'ADN. Toutes les cellules d'un individu contiennent le même ADN. C'est ce qui fait son identité. Chacun peut participer en donnant 77 € et en envoyant son échantillon de salive. En échange, il recevra des infos sur les origines de quelques-uns de ses ancêtres.

En faisant des regroupements des différents echantillons d'ADN de ces personnes, on peut les placer sur une carte du monde et montrer les origines de ces groupes : ici 6 individus du groupe "NRY", là 11 du groupe "ZFX", etc. La carte montre alors que les premiers habitants des côtes ouest de l'Amérique étaient originaires de l'est de l'Asie, qu'ils seraient arrivés entre 12 000 et 5 000 avant J.C., qu'ils seraient à peine une centaine ayant traversé le détroit de Bering à l'époque où la glace permettait de passer de l'Asie à l'Amérique à pied. Ils seraient les premiers pères et mères des Indiens qui ont ensuite peuplé tout le continent, jusqu'à la Terre de Feu.

Mais attention, il y a danger pour les peuples indigènes : les scientifiques vont collecter des informations précieuses pour l'avenir de la médecine des pays riches. Et en retour, que recevront ces peuples ? Les responsables du projet ont promis de ne pas profiter de ces données en secret, mais comment s'assurer que ces promesses seront tenues ? Survival ne s'oppose pas au programme Genographic, mais veillera au respect des promesses faites aux peuples indigènes de ne pas tirer profit des renseignements collectés sans les consulter et de leur verser l'argent promis pour réaliser des projets de leur choix.

 

(D'après Libération, Le Nouvel Observateur et Courrier International. Avril-mai 2005.)