Ils ne polluent pas la planète

Novembre 2015

Ils ne polluent pas la planète.

Les peuples indigènes n'utilisent ni charbon, ni gaz, ni pétrole et pourtant ce sont eux qui souffrent le plus du réchauffement du climat. Ils voient disparaître leurs forêts, fondre les glaces et monter le niveau des mers et océans.

Parce qu'ils dépendent étroitement de la nature pour se nourrir, se soigner, se loger et s'habiller, parce qu'ils vivent dans des régions du globe particulièrement touchées par les effets des changements de températures, les peuples autochtones sont les plus fragiles face à la fonte des glaces, à la montée des eaux ou à la disparition des forêts.

Ainsi la principale menace que redoutent les Inuits est la dégradation de leur environnement car le réchauffement de la planète a des conséquences catastrophiques sur le milieu polaire. Les Inuits se sont adaptés depuis des générations aux conditions extrêmes des régions glacées de l'Arctique dans lesquelles ils vivent depuis des millénaires. La fonte des glaces ou encore le dégel en profondeur du sol bouleversent leurs moyens de subsistances et leur culture. Les routes migratoires des phoques, des poissons et des oiseaux sont perturbées, les ours disparaissent, les villages côtiers sont inondés, les vents deviennent de plus en plus forts, les transports sur un sol devenu instable sont dangereux. Le temps est imprévisible ...

Les Yanomami vivent dans les forêts de l'Amazonie et voilà que les effets redoutables de la déforestation et la fragmentation de la forêt contre lesquelles ils s'insurgent depuis toujours affectent le cycle naturel des saisons et des pluies et jouent un rôle actif dans le réchauffement climatique. La déforestation réduit les pluies et entraîne la sécheresse. La sécheresse entraîne plus de feux de forêts qui libèrent plus de carbone dans l'atmosphère, ce qui entraîne moins de pluie donc plus de sécheresse et plus de feux de forêts qui menacent la vie des peuples indigènes. Un vaste cercle vicieux dévastateur qui s'est enclenché.

Les peuples indigènes qui vivent dans les hautes montagnes de l'Himalaya ou des Andes, avec le recul des glaciers et la raréfaction des espèces animales et des plantes de haute altitude, sont obligés de se déplacer avec leurs yacks, leurs lamas ou leurs vigognes à la recherche de cette végétation dont ils dépendent pour se nourrir et se soigner. Ils doivent faire face à de nouveaux phénomènes dus au rechauffement climatique tels que des avalanches, des coulées de boues, des glissements de terrain, le gonflement de rivières tumultueuses.

Les peuples indigènes qui vivent dans les îles du Pacifique sont menacés par la montée des eaux. Avec l'augmentation des températures et les variations des courants océaniques viennent les ouragans et les typhons. La sécheresse entraîne la disparition d'eau douce et l'invasion de nouveaux insectes porteurs de maladie. Les plantes et les animaux sont affectés, il y a moins de plancton donc moins de poissons et de ressources marines.

Les savoir-faire et les stratégies d'adaptation à l' environnement des peuples indigènes, élaborés et transmis de génération en génération au fil des siècles sont des réponses face aux changements climatiques.

Écoutons les, respectons leur relation intime a la nature, leur ingéniosité et leur capacité de réponse face aux changements climatiques. Valorisons leur savoir-faire face à ces défis climatiques et aux transformations environnementales, ils ont tellement à nous apprendre !

Les peuples autochtones n'occupent que 20% de la surface de la planète, mais ils abritent 80% de la biodiversité mondiale!