Survival International

Des Indiens ayoreo manifestent contre l'inaction du gouvernement face à la déforestation illégale

En direct de Survival - Fri, 09/26/2014 - 19:15
Des Indiens ayoreo protestent contre la compagnie Yaguareté Porã S.A qui détruit précipitamment leur forêt pour l'élevage bovin.

© GAT

Les familles des derniers Indiens isolés vivant en dehors du bassin amazonien ont manifesté mercredi pour demander la protection urgente de leur territoire, lequel est détruit par les éleveurs de bétail.

La compagnie brésilienne Yaguareté Porã S.A détruit le dernier refuge des Ayoreo-Totobiegosode du Paraguay pour faire place au bétail dont la viande est exportée en Union européenne et en Russie.

Les membres isolés du groupe vivent constamment en fuite devant le front des bulldozers qui détruisent leur territoire.

De nombreux Ayoreo ont déjà dû abandonner leur forêt et sont à présent décimés par des maladies telles que la grippe ou la rougeole contre lesquelles ils n’ont aucune immunité.

Des membres de la tribu ont manifesté devant le bureau du procureur général de Filadelfia, un ville du nord du Paraguay, pour exiger une intervention officielle afin de stopper l’action destructrice de Yaguareté.

Des images satellite ont montré que la compagnie détruit illégalement la forêt du Chaco habitée par les Ayoreo. Cette région détient aujourd’hui le taux de déforestation le plus élevé au monde.

Les Ayoreo ont remis un document au procureur général l’exhortant à respecter la Constitution paraguayenne qui garantit les droits territoriaux des Ayoreo.

Le patron de la compagnie Yaguareté, Marcelo Bastos Ferraz, a refusé de restituer leur territoire à ses propriétaires légitimes et de mettre fin à la déforestation.

Survival a lancé une campagne de publicité en Russie, le plus grand importateur de bœuf paraguayen, alertant l’opinion des dangers que représente cette importation sur la vie des Indiens isolés.

Résultats du concours photographique lancé à l'occasion du 45ème anniversaire de Survival

En direct de Survival - Wed, 09/17/2014 - 12:09
Portrait saisissant d'un Indien asurini do Tocantins. Cette photographie a remporté le concours photographique de Survival lancé pour célébrer son 45ème anniversaire.

© Giordano Cipriani / Survival International

Survival International, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, est heureux d’annoncer le palmarès de son premier concours photographique, organisé à l’occasion de son 45ème anniversaire. Le premier prix revient à Giordano Cipriani pour le portrait saisissant d’un Indien asurini do Tocantins, d’Amazonie brésilienne.

Les douze lauréats nous offrent un aperçu de l’extraordinaire diversité et des modes de vie uniques des peuples indigènes du monde entier. Leurs photographies montrent, parmi d’autres, une course de fond des Indiens tarahumara au Mexique, le saut de taureau des Hamer en Ethiopie, ou la vie des Igorot, les montagnards des Philippines.

L'œuvre de l'un des finalistes : un homme de la tribu hamer de la vallée de l'Omo en Ethiopie saute habilement au-dessus d'une rangée de taureaux lors d'une cérémonie de mariage.

© Salvatore Valente / Survival International

Les onze autres finalistes sont :
- Fabien Astre (photo des Mentawai, Indonésie);
- Una foto una sonrisa (photo des Surma, vallée de l’Omo, Ethiopie);
- Arman E Barbuco (photo des Igorot, Philippines);
- Christian Declerq (photo d’une communauté willoq, Pérou);
- David Ducoin (photo d’un Tarahumara, Mexique);
- Nicolas Marino Arch: (photo d’une Tibétaine, Tibet);
- Andrew Newey (photo d’un Adi, Inde);
- Partha Pratim (photo d’un Santhal, Inde);
- Johann Rousselot (photo des Kondh, Inde);
- Sarah Sandring (photo des Innu, Canada);
- Salvatore Valente (photo d’un Hamer, vallée de l’Omo, Ethiopie).

Voir le diaporama des photographies gagnantes.

Les douze photographies gagnantes apparaissent dans le calendrier annuel de Survival et seront exposées à The Little Black Gallery à Londres, du 2 au 16 décembre 2014 et dans d’autres pays où sont implantés des bureaux de Survival.

Le concours était ouvert aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels, les photographies pouvaient être soumises dans les catégories suivantes : terre, diversité humaine et modes de vie. Il avait pour but de faire valoir la photographie comme puissant moyen de sensibilisation de l’opinion sur les peuples indigènes.

Parmi les membres du jury figuraient Stephen Corry, directeur de Survival International, Gillian Anderson, actrice et ambassadrice de Survival, Tim Allen, photographe de la série documentaire ‘Human Planet’ de la BBC, Ghislain Pascal, fondateur de la galerie londonienne de photographie ‘The Little Black Gallery’, Joanna Eede, consultante éditoriale de Survival et Francesca Casella, coordinatrice de Survival Italie.

Cette image splendide montre un pêcheur santhal du Bengale occidental, en Inde, qui lance son filet.

© Partha Pratim / Survival International

Stephen Corry a déclaré : ’L’un des principaux critères que nous avons retenu lors de la sélection des photographies était qu’elles véhiculent une image juste et réaliste des peuples indigènes sans travestir ou dénaturer leur apparence ou leur comportement. L’éventail des participations du monde entier montre qu’il est tout à fait possible de prendre d’admirables photographies des peuples indigènes contemporains sans pour autant les représenter comme des reliques violentes d’un passé aboli ou des nobles sauvages’.

Survival International, mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, célébre son 45ème anniversaire cette année. Il a été fondé en 1969 suite à un article de Norman Lewis publié dans le Sunday Times Magazine sur le génocide des Indiens du Brésil illustré par le photographe de renom Don McCulin.

Notes aux rédactions :

- Le calendrier 2015 de Survival est en vente, la photographie gagnante apparaît en couverture.
- Le vainqueur remporte un appareil photo Olympus E-PM2, offert par Olympus.
- Survival International tient à remercier Chau Digital pour l’impression et John Jones pour l’encadrement des photographies de l’exposition à venir à The Little Black Gallery.

Une 'armée' indienne traque des bûcherons clandestins en Amazonie

En direct de Survival - Tue, 09/16/2014 - 12:35
Des Indiens ka'apor ont formé une 'armée' indigène pour lutter contre l'exploitation forestière illégale dans leur forêt.© Survival

Le gouvernement ayant négligé de prendre des mesures pour protéger leur territoire, les Indiens ka’apor ont créé une ‘armée’ indigène pour lutter contre l’exploitation forestière illégale dans leur forêt.

Les Ka’apor traquent et détiennent des bandes de bûcherons clandestins, incendiant leurs camions et confisquant leurs tronçonneuses.

Des photographies de leur dernière expédition montre les Ka’apor armés d’arcs, de flèches et de matraques en bois, détenant un groupe de bûcherons sur leur territoire dans le nord-est de l’Amazonie brésilienne.

Un porte-parole ka’apor a déclaré : ‘Nous avons décidé d’arrêter les bûcherons car personne ne nous vient en aide. Nous faisons ce que les autorités devraient faire’.

Les Ka’apor ont subi de violentes attaques de la part des bûcherons clandestins qui détruisent la forêt dont eux et leurs voisins awá, dépendent pour leur survie.

Les bûcherons illégaux représentent une menace pour les terres et les vies des Ka'apor.

© Bruno Kelly/Greenpeace

Au début de l’année, suite à une campagne mondiale de Survival, les autorités brésiliennes ont lancé ’l’opération awá’ en expulsant les bûcherons clandestins du territoire des Awá, la tribu considérée comme la plus menacée au monde.

Mais le gouvernement a négligé de prendre des mesures efficaces sur le territoire ka’apor, malgré une série d’appels désespérés lancés par les Indiens au cours des dernières années.

Survival fait pression sur le ministre brésilien de la Justice pour que soit respectée la Constitution brésilienne, que soient expulsés les bûcherons de la forêt des Ka’apor et que des ressources nécessaires soient allouées pour la protection du territoire awá, afin d’empêcher que les bûcherons clandestins ne reviennent sur leur territoire.

Halte à l'importation de viande paraguayenne en Russie

En direct de Survival - Thu, 09/11/2014 - 11:55
La destruction de la forêt des Ayoreo pour l'élevage de bœuf menace de décimer la tribu isolée des Ayoreo-totobiegosode.© Survival

Afin de faire obstacle à la destruction de la forêt d’une tribu isolée par les éleveurs de bétail, Survival appelle les grands restaurateurs russes à renoncer à proposer à leur clientèle de la viande bovine en provenance du Paraguay.

La Russie est le principal importateur de viande de bœuf en provenance du Paraguay. Des images satellite ont montré à plusieurs reprises que la compagnie d’élevage Yaguareté Porã S.A, qui exporte vers la Russie, rase illégalement au bulldozer de vastes étendues de forêt dans la région du Chaco paraguayen.

La forêt du Chaco est le refuge de la tribu isolée ayoreo-totobiegosode, l’une des sociétés les plus vulnérables de la planète. Les Indiens dépendent de leur forêt pour survivre, or, selon une étude récente de l’Université du Maryland, la forêt du Chaco détient le taux de déforestation le plus élevé au monde.

Yaguareté Porã a refusé d’arrêter la déforestation, en dépit des mises en garde qui lui ont été faites contre la menace que représente ses agissements pour les Indiens isolés.

Si les employés du ranch entrent en contact avec les Ayoreo isolés, ces derniers pourraient être décimés par des maladies telles que la grippe et la rougeole contre lesquelles ils n’ont aucune immunité. Comme tous les peuples indigènes isolés, les Ayoreo courent à la catastrophe si leur territoire n’est pas protégé.

En juin dernier, Survival a lancé une campagne publicitaire en Russie, mettant les consommateurs en garde des dangers que l’industrie bovine représente pour les Ayoreo isolés.

La nouvelle campagne publicitaire de Survival appelle la Russie à mettre un terme aux importations de bœuf paraguayen jusqu'à ce que le territoire des Ayoreo soit protégé.

© Survival International

Survival a écrit cette semaine aux restaurants les plus prestigieux de Moscou, dont le Bizon, le Café Pushkin et le Turandot, les appelant à renoncer à proposer du bœuf importé du Paraguay tant que le gouvernement paraguayen n’aura pas confirmé les droits des Ayoreo sur leurs terres.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Le génocide qui a conduit à l’anéantissement des Indiens d’Amérique du Nord poursuit son chemin destructeur. Des peuples entiers sont balayés par les sociétés industrialisées qui continuent leur œuvre destructrice, spoliant le territoire et les ressources des Indiens à travers l’Amérique du Sud et semant la mort et la maladie dans leur sillage. Nous devons agir d’urgence pour que les Ayoreo ne soient pas sacrifiés sur l’autel du ‘progrès’ et de la ‘civilisation’.

Des leaders indigènes d'Amazonie abattus par des bûcherons illégaux

En direct de Survival - Tue, 09/09/2014 - 18:55
Le leader indigène asháninka Edwin Chota a été assassiné le 1er septembre 2014 par des bûcherons illégaux.

© Scott Wallace

Quatre dirigeants indiens asháninka, connus pour leur action contre l’exploitation forestière illégale en Amazonie, ont été assassinés près de chez eux à l’Est du Pérou.

Edwin Chota, Jorge Ríos Pérez, Leoncio Quinticima Melendez et Francisco Pinedo voyageaient depuis leur communauté de Saweto, à la frontière péruvienne, pour participer à une réunion avec d’autres leaders indiens au Brésil.

Les corps des quatre hommes criblés de balles ont été retrouvés le 1er septembre dernier.

Leurs veuves se sont rendues lundi soir à Pucallpa, une ville située à trois jours de leur communauté, pour exiger une action immédiate de la part des autorités péruviennes afin de traduire les assassins en justice.

‘Les femmes asháninka de Saweto ont pris la tête de la communauté afin de poursuivre la lutte pour notre territoire, pour nos enfants’ a déclaré Ergilia Ríos à la presse.

Edwin Chota était un activiste indigène bien connu qui a consacré sa vie à empêcher que l’exploitation forestière illégale ne détruise son territoire.

Il avait reçu des menaces de mort de la part de bûcherons illégaux au cours des dernières années mais selon l’organisation indigène amazonienne AIDESEP, les autorités ’n’ont rien fait’ pour le protéger.

Le ministre péruvien de la Culture a déclaré qu’une mission gouvernementale se rendra à Saweto afin de mener une enquête sur ces meurtres.

Une missionnaire entre en contact avec une tribu amazonienne extrêmement vulnérable

En direct de Survival - Tue, 09/09/2014 - 17:18
Une missionnaire de la région a donné des vêtements et de la nourriture aux Mashco-Piro isolés, les soumettant au danger de contracter des maladies mortelles face auxquelles ils n'ont aucune immunité.

© Jaime Corisepa/FENAMAD

Une tribu isolée extrêmement vulnérable du Sud-Est de l’Amazonie a été contactée par une missionnaire, suscitant la crainte que les Indiens ne contractent des maladies mortelles qui pourraient les décimer.

Selon des sources locales, une missionnaire adventiste d’une communauté indigène de la région est arrivée dans une embarcation appartenant au tour opérateur Expediciones Vilca et a déposé des vêtements et de la nourriture pour les Indiens mashco-piro isolés à la frontière du parc national de Manu.

Des images de la rencontre ont été révélées samedi 6 septembre montrant les Mashco-Piro prenant les vêtements et la nourriture apportés par le missionnaire et les passagers de l’embarcation.

Il y a deux semaines, Survival International, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, et l’organisation indigène d’Amazonie péruvienne FENAMAD, ont averti des dangers des ‘safaris humains’ et des rencontres de plus en plus fréquentes entre des étrangers et les Indiens isolés.

Une embarcation transportant des riverains locaux accoste sur la berge à proximité des Mashco-Piro dont les enfants portent des vêtements qu'ils viennent de recevoir.

© Jaime Corisepa/FENAMAD

Mais le gouvernement péruvien a négligé de prendre des mesures efficaces et une réunion d’urgence entre la FENAMAD et le ministre péruvien de la Culture à ce sujet a été annulée la semaine dernière par la vice-ministre Patricia Balbuena.

Des bateaux touristiques naviguent régulièrement le long de la rivière Madre de Dios où les Mashco-Piro ont été aperçus. Des vêtements, de la nourriture et même des boissons gazeuses et de la bière ont été laissés sur les berges pour les Indiens.

Les peuples indigènes isolés tels que les Mashco-Piro sont les sociétés les plus vulnérables de la planète. Environ 15 tribus péruviennes isolées sont menacées par la violence des étrangers qui spolient leurs ressources et par les maladies telles que la grippe et la rougeole contre lesquelles ils n’ont aucune immunité.

Le mois dernier, un groupe d’Indiens isolés fuyant le Pérou a fait la une des médias après être entré en contact avec une communauté indigène sédentarisée au Brésil. Les Indiens ont immédiatement contracté une infection respiratoire dont ils ont heureusement pu être traités.

Comme tous les peuples indigènes isolés, les Mashco-Piro risquent une véritable catastrophe si leurs territoires ne sont pas protégés.

© Jean-Paul Van Belle

Survival et la FENAMAD appellent les autorités péruviennes à interdire aux touristes et aux étrangers de pénétrer dans la zone; à créer un programme de santé pour éviter le déclenchement d’une épidémie mortelle parmi les Mashco-Piro et à agrandir la réserve protégée de Madre de Dios de toute urgence.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ’L’image du missionnaire s’acharnant à vêtir les ‘sauvages nus’ est récurrente dans toute l’histoire coloniale de la destruction des peuples indigènes. Les vêtements peuvent non seulement transmettre des maladies mais aussi les aggraver pour des gens dont ce n’est pas la tradition d’en porter. Des vêtements humides et sales ne peuvent qu’aggraver des infections qui ont déjà tué des millions d’Indiens des Amériques par le passé. Que de telles inepties arrivent encore aujourd’hui est un crime qui doit être réprimé. Si le gouvernement péruvien ne prend pas des mesures d’urgence pour interdire l’accès des territoires où vivent des Indiens isolés aux touristes et autres intrus, tels que cette missionnaire, il risque de se rendre complice de la disparition d’un autre peuple indien’.

Notes aux rédactions :

- Plus de 12 000 sympathisants ont écrit aux autorités péruviennes et brésiliennes les exhortant à protéger le territoire des Indiens isolés.

L'ouverture d'une mine de diamants sur le territoire des Bushmen lève le voile sur l'hypocrisie du gouvernement botswanais

En direct de Survival - Thu, 09/04/2014 - 11:51
En 2004, un ministre botswanais a déclaré qu'il n'y avait aucune exploitation minière ni aucun projet d'exploitation futur dans la Réserve du Kalahari central. En 2014, une mine de diamants estimée à 4,9 milliards de dollars a été ouverte.

© Gem Diamonds

Une mine de diamants estimée à 4,9 milliards de dollars doit ouvrir le 5 septembre dans la réserve du Kalahari central, le territoire ancestral des derniers chasseurs bushmen, tout juste dix ans après que le gouvernement ait affirmé qu’aucun projet d’exploitation minière n’était prévu à l’intérieur de la réserve.

Les Bushmen ont été sommés de quitter la réserve peu de temps après qu’on y ait découvert des gisements de diamants dans les années 1980, mais le gouvernement botswanais a constamment nié que les expulsions forcées et illégales des Bushmen du Kalahari – de 1997, 2002 et 2005 – étaient dues à la présence de riches gisements de diamants. Il a justifié l’expulsion des Bushmen au nom de la ‘conservation’.

En 2000, cependant, le ministre botswanais des Mines, de l’Energie et de l’Eau a déclaré à un journal botswanais : ‘La relocalisation des communautés basarwa (bushmen) [de la Réserve du Kalahari central] ouvrira la voie à la mine de diamants de Gope’; et en 2002, les Bushmen ont déclaré à Survival International, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, : ‘Le général Merafhe, ministre des Affaires étrangères, est venu dans la réserve pour nous annoncer que nous devions partir à cause des diamants’.

L’ouverture de cette mine révèle également que les engagements pris par le Botswana à propos de la conservation n’étaient que de la poudre aux yeux. Le gouvernement prétend à tort que la présence des Bushmen dans la réserve est ‘incompatible avec la préservation de la faune’, tout en permettant l’exploitation diamantifère et la fracturation hydraulique sur leur territoire.

Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, les pratiques de chasse durables des Bushmen ne sont pas incompatibles avec la préservation de la faune.

© Philippe Clotuche/Survival

Et tandis que les organisations de conservation de la nature ont félicité les efforts du président botswanais Ian Khama en matière de préservation de l’environnement, elles ont gardé le silence sur la persécution des Bushmen et les activités minières prévues dans la réserve du Kalahari central.

Un Bushman, dont la famille a été expulsée, a déclaré à Survival : ‘Cette semaine, le président Khama ouvrira une mine dans la réserve du Kalahari central. Les organisations qui ont glorifié le président Khama pour son action en faveur de la faune et la flore pensent-elles encore qu’il est un bon exemple pour le monde? Les habitants de la réserve ne profitent en rien de la mine. Les seuls bénéfices reviennent aux communautés qui vivent à l’extérieur de la réserve, tandis que nos ressources naturelles sont détruites. Nous nous opposerons fermement à cette mine tant que le gouvernement et la compagnie Gem Diamonds ne nous diront pas quels bénéfices elle nous apportera’.

Le gouvernement continue d’exercer une forte pression sur les Bushmen afin de les chasser de la réserve en les accusant de ‘braconnage’ parce qu’ils chassent pour se nourrir. Les Bushmen sont arrêtés, battus, torturés et tués, pendant qu’on encourage la chasse aux trophées. Les autorités ont également refusé de réouvrir le puits des Bushmen, restreint leur libre circulation à l’intérieur et hors de la réserve et empêché leur avocat d’entrer dans le pays.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Lorsque les Bushmen ont été illégalement expulsés de leurs terres ancestrales au nom de la ’conservation’, Survival a dénoncé ce crime – les Bushmen et nous-mêmes étions en effet convaincus que l’exploitation des diamants était la réelle motivation de leur expulsion. Le gouvernement et sa coterie ont vigoureusement nié ces accusations, mais finalement, la réalité nous a donné raison. Pendant ce temps, des organisations telles que Conservation International continuent de louer le président Khama pour son action en faveur de l’environnement tout en fermant les yeux sur les violations des droits de l’homme qu’il commet.’

Notes aux rédactions :
- Télécharger la chronologie des événements qui ont conduit à l’ouverture de la mine de diamants Ghaghoo

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